REPORTAGE. Des salariés dOran expriment leur désillusion : Certains se disent que cela ne sert






Semaine de mobilisation à Suntory

Alors que la fermeture de l’usine Suntory à La Courneuve est prévue pour octobre prochain, les salariés se battent pour obtenir de meilleures conditions de départ. La direction a annoncé une cinquantaine de licenciements.

« Nous sommes tous dégoûtés. C’est vrai, on s’y attendait, mais c’est quand même dur, » a déclaré Youen Le Noxaïc, représentant FGTA-FO du personnel, à la sortie de la dernière réunion de négociation de CSE. Cette réunion était la neuvième depuis novembre, suite à l’annonce officielle de la fermeture, datant du 2 octobre, de l’une des quatre usines du groupe japonais Suntory Beverage & Food, producteur de boissons gazeuses grand public.

Sur les 105 salariés, la direction propose de reclasser 56 d’entre eux à l’usine de Donnery, dans le Loiret. Les autres seront licenciés. Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées pour la dernière fois devant le siège du groupe, situé sur l’île de la Jatte à Neuilly-sur-Seine, pour protester contre cette fermeture.

Le siège de Suntory, à Neuilly-sur-Seine
Le siège de Suntory, à Neuilly-sur-Seine • © Olivier Badin/FTV

Cathy, salariée et siropière depuis 2018, s’est exprimée sur la situation : « En tant qu’élue, j’ai détecté plusieurs signaux alarmants. Nous avons découvert qu’ils avaient doublé la capacité de vestiaires de l’usine du Loiret, sans raison apparente, alors qu’on nous mettait la pression pour augmenter notre productivité. Nous avons progressé du 25ème au deuxième rang européen, et maintenant on nous ferme les portes. »

En mai 2025, des signes inquiétants étaient apparus avec l’annonce d’une production en sous-traitance, suite au retrait d’un gros client. Le 3 octobre, le groupe japonais a annoncé la fermeture, invoquant une baisse de la consommation due à une taxe sur le sucre instaurée par le gouvernement, ainsi qu’un « site ancien« .

Des arguments qui ont été réfutés par Youen Le Noxaïc : « Nos ventes ont baissé, mais nous avons adapté nos produits en réduisant la quantité de sucre. Ils veulent transférer les trois lignes de production de La Courneuve vers Donnery, tout en maintenant la même production, mais sur un seul site. Notre PDG en Europe m’a dit qu’ils s’attendaient à une augmentation de 4 % sur le marché français en 2026. »

Le délégué syndical a tenté d’organiser des discussions avec la région et le ministère de l’Économie, mais a reçu des refus. En fin d’après-midi, Youen Le Noxaïc a annoncé que de meilleures conditions de départ avaient été obtenues, avec une augmentation de 13 % sur les indemnités et des paliers revalorisés. Cependant, une partie des salariés se dit déçue, jugeant ces mesures insuffisantes.

Trois des salariés manifestant ce matin devant le siège du groupe
Trois des salariés manifestant ce matin devant le siège du groupe • © Olivier Badin/FTV

Manuel Mendes, représentant du SNIAA (Syndicat national des industries agro-alimentaires), a souligné que la direction n’a jamais voulu discuter de la mise en œuvre d’un Projet de Sauvegarde de l’Emploi (PSE), mais plutôt d’un projet de transformation. « De plus, ils proposent de transférer 56 postes dans le Loiret, d’où ils viennent d’en supprimer 36. Cela n’a aucun sens! » a-t-il déclaré.

La suite du mouvement sera décidée lundi, Youen Le Noxaïc rappelant que l’usine de Courneuve est « la seule ligne verre du groupe ».



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