Victimes du réchauffement climatique, les fresques de Michel-Ange se détériorent à cause de la transpiration des milliers de visiteurs qui les contemplent chaque jour.
Une restauration nécessaire
Publié , cet article souligne l’importance de préserver l’œuvre d’art emblématique de la chapelle Sixtine.
Chaque jour, plus de 25.000 personnes visitent la célèbre chapelle du Vatican, contribuant à son usure. Le changement climatique entraîne une hausse des températures, et à l’intérieur du musée, la transpiration des visiteurs augmente. La sueur produit de l’acide lactique qui s’accumule sur le carbonate de calcium de la fresque, créant un voile blanchâtre.
Fabio Moresi, qui dirige la recherche scientifique aux musées du Vatican, explique les défis de cette restauration. « Nous utilisons de l’eau distillée et un papier léger que l’on applique sur le dépôt. Après quelques minutes, nous retirons le papier, et le dépôt blanchâtre reste collé », explique-t-il.
Un chantier majeur
Le chantier, qui devrait s’achever début avril pour la semaine de Pâques, mobilise une quinzaine de spécialistes. Ces experts travaillent sous le plafond de la Sixtine, où Michel-Ange a commencé sa fresque de 180 m².
« Nous sommes en symbiose avec l’œuvre », s’enthousiasme Fabrizio Biferalli, à la tête du département Art de la Renaissance. Ce projet est le plus important depuis plus de 30 ans, avec des travaux déjà effectués en 1994.
Pour retarder la réapparition du voile, la jauge de visiteurs est maintenant limitée à 30.000 personnes par jour. De plus, le musée a prolongé ses heures d’ouverture de deux heures. « La ventilation entre la porte de sortie et la climatisation joue également un rôle. Cela favorise le dépôt de cette pellicule sur le mur », précise Giandomenico Spinola, directeur adjoint du musée.
Alors que certains visiteurs peuvent toujours accéder à la Chapelle Sixtine pendant les travaux, la fresque est masquée par un grand échafaudage recouvert d’une reproduction de l’œuvre de près de 14 m de haut.
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