Au moins 400 personnes rendent hommage à El Hacen Diarra, décédé en garde à vue à Paris. El






Hommage à El Hacen Diarra à Paris

Une marche s’est tenue à Paris en hommage à El Hacen Diarra, ce dimanche 18 janvier. Ce Mauritanien de 35 ans est mort dans la nuit de mercredi à jeudi, pendant sa garde à vue au commissariat du 20e arrondissement. Plusieurs centaines de personnes étaient présentes, dont sa famille.

L’hommage s’est tenu au pied de ce foyer de travailleurs migrants où El Hacen Diarra résidait, rue des Pruniers. C’est à cet endroit que l’homme de 35 ans avait été interpellé. Les personnes présentes ont observé une minute de silence, avant plusieurs prises de parole.

« Nous sommes très contents d’avoir toute cette foule derrière nous. Mon frère était quelqu’un de calme. À chaque fois, il descendait s’asseoir juste ici pour prendre son café et pour prendre l’air. La police l’avait trouvé assis ici, et a voulu le contrôler. Le contrôle s’est mal passé et la police a fait usage de la force, jusqu’à ce qu’il tombe par terre. Ils l’ont violenté, il y a même les vidéos qui ont été publiées, on voit que la police est sur lui. On ne sait pas s’il est mort sur place, ou au commissariat », a déclaré son grand frère à notre micro.

Après la mort d’El Hacen, sa famille ne compte pas en rester là. Ils cherchent à comprendre les circonstances du drame : « On ne va pas lâcher l’affaire, on va aller jusqu’au bout. On veut que la justice fasse son travail, et connaître la vérité. » Son frère avait été arrêté par la police, dans la nuit du mercredi 14 au jeudi 15 janvier. Il lui avait notamment été reproché l’usage de faux documents et détention de stupéfiants, selon le parquet de Paris.

Le frère d'El Hacen Diarra réclame de savoir ce qui s'est passé dans la nuit du mercredi 14 au jeudi 15 janvier, lors de l'arrestation.

Le frère d’El Hacen Diarra réclame de savoir ce qui s’est passé dans la nuit du mercredi 14 au jeudi 15 janvier, lors de l’arrestation. • © Guillaume Le Gouic / France Télévisions

Des élus de la gauche parisienne ont aussi pris part au rassemblement. C’est le cas de Ladji Sakho, conseiller d’arrondissement (Parti communiste français) et voisin d’El Hacen Diarra : « Je suis très touché et très choqué par ce qui s’est passé. El Hacen est très calme, très souriant et très discret. » Sophia Chikirou, candidate de la France Insoumise à la mairie de Paris, ajoute de son côté que « C’est un combat politique, contre le racisme, les discriminations, pour la vérité et la justice ».

Une enquête ouverte par l’Inspection générale de la police nationale est en cours. De son côté, la famille a déposé plainte. Une requête nécessaire d’après l’avocat Yassine Bouzrou, qui représente la famille : « L’absence de placement en garde à vue des policiers qui auraient commis des violences graves sur le défunt ainsi que le défaut de saisine d’un juge d’instruction indépendant font craindre l’intention de la procureure de Paris d’exonérer les policiers de toute responsabilité. »

Une cagnotte doit être ouverte dans les prochains jours, pour aider la famille à organiser ses funérailles et pour le rapatriement du corps en Mauritanie.

Écrit à partir du reportage de Meryl Loisel et de Guillaume Le Gouic.



FONTE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *