Trois cents à quatre cents personnes se sont rassemblées dimanche 18 janvier en hommage à El Hacen Diarra, un Mauritanien de 35 ans mort dans la nuit de mercredi à jeudi pendant sa garde à vue. Elles se sont réunies au pied du foyer de travailleurs migrants où il résidait, et devant lequel il a été interpellé après avoir été vu roulant un joint, à deux pas du cimetière du Père-Lachaise.
Déclarations de la famille et des proches
« Il était venu chercher son pain en France, le voilà parti à jamais », a notamment déclaré son grand frère, Ibrahima Diarra. Plusieurs élus de la gauche parisienne étaient présents, dont la candidate LFI à la mairie de Paris, Sofia Chikirou, qui a appelé au « combat politique contre le racisme, les discriminations, pour la vérité et la justice ».
Enquête sur les causes de la mort
Le parquet a ouvert une enquête pour « recherche des causes de la mort ». Mais la famille dénonce des violences policières, vidéo à l’appui, et son avocat Yassine Bouzrou a déposé plainte pour « violences volontaires ayant entraîné la mort », exigeant la désignation d’un juge d’instruction.
Portrait d’El Hacen Diarra
El Hacen Diarra, qui résidait depuis plusieurs années dans ce foyer, était un Soninké, originaire de Baydam, proche de la frontière avec le Mali et du Sénégal, ont raconté ses proches à l’AFP. « Il était très calme, gentil, souriant et discret. Un peu dans son monde. C’était un artiste de formation, qui sortait chaque soir boire le café sur le muret » en bas du foyer, a raconté Ladi Sacko, l’un de ses voisins. « Les étrangers qui vivent dans les foyers ne sont pas des animaux, ce sont des travailleurs qui ont quitté leur pays pour subvenir aux besoins de leur famille, pas pour se faire tuer. On compte sur l’État pour rendre justice », a-t-il ajouté, dénonçant des contrôles répétés en bas du foyer.