Le lundi 30 mars, le journal de 13 heures vous emmène dans le Tarn, pays des Cathares. Un territoire rural et verdoyant, connu pour son artisanat, son patrimoine naturel et historique et ses nombreuses cités médiévales, comme celle de Puycelsi.
Un printemps rénovateur dans le Tarn
Dans le Tarn, le printemps repeint en vert tendre vallons et villages perchés. Les citadelles élevées sur des éperons rocheux, le département en compte quatre. Celle de Puycelsi (Tarn) figure parmi les plus beaux villages de France, avec ses maisons en pierre et ses ruelles, créant ainsi une atmosphère qui ne laisse personne indifférent. « C’est calme, c’est reposant. Le cadre de travail est quand même chouette. Il y a pire », commente une femme. « La vieille pierre, la tranquillité, il y a une âme », ajoute un passant.
Le patrimoine et les histoires vivantes de Puycelsi
Dans la citadelle où les touristes sont encore rares en ce début de saison, Vincent Pinel a déjà repris ses balades. Et du patrimoine, il n’en manque pas à Puycelsi, comme l’église, dont la taille et la richesse témoignent de l’importance du village au XVIe siècle. Ses remparts également ont permis aux habitants de résister à de nombreux assaillants, notamment lors de la guerre de Cent Ans. « En 1350, les Anglais sont restés huit mois autour du village et ont essayé de l’assiéger. Ils n’y sont pas arrivés », indique Vincent Pinel, accompagné de Vintage Cyclomoteurs 81. « C’est vraiment un lieu de vie exceptionnel avec un patrimoine exceptionnel », ajoute-t-il. Un passé qui captive Stéphanie et ses amis, eux qui savourent la visite en petit comité. « Le guide nous inculque l’histoire qu’on ne connaît pas et on voit le village différemment », fait-elle savoir. Et ils ne sont pas au bout de leur surprise. Le reste de la balade se fera… en mobylette, comme au bon vieux temps de leur adolescence, à eux la liberté.
Le charme de l’artisanat local
Dans ce petit coin de France qui ressemble à la Toscane, les balades en mobylette font toujours le plein. Sur le parcours, les visiteurs font des haltes chez les artisans locaux. Les propriétaires d’une manufacture ont choisi de s’installer dans une ancienne ferme où ils fabriquent des soins bio pour le visage.
Un baume y est justement en préparation. Jean-Christophe Gaven, cofondateur de l’Atelier Oppidum, a élaboré la composition de la crème. La particularité de ses soins : l’absence d’eau et de conservateurs. « Dans des centaines d’années, les hommes et les femmes ont pris soin de leur peau en utilisant uniquement des matières grasses et des extraits de plantes », assure-t-il. Fabriqués à Puycelsi, les baumes sont vendus jusqu’en Asie. Mais pas question pour les artisans de quitter leur peau-village. Car Puycelsi regorge de lieux uniques.
Le vignoble de Château de Terride
À la tête du seul vignoble à plusieurs kilomètres à la ronde, Alix David sait ce qu’elle veut. « Je n’aurais pas su être vigneronne au milieu de plein de vignerons, je ne crois pas. Ça me correspond bien, ce côté un peu isolé dans un écrin de nature hyper préservée », confie Alix David, viticultrice au Château de Terride. Elle produit du Gaillac, l’appellation locale. Dans sa famille, son grand-père était déjà vigneron. Depuis, elle a fait passer le vignoble en bio et investi dans de drôles de jarres en forme d’œuf. Elle a définitivement abandonné les fûts en bois pour le vieillissement de son vin. « Je préfère préserver le goût du raisin plutôt que le gommer par cet apport boisé de la barrique », explique-t-elle. Pari réussi. Tous les ans, Alix David vend environ 100.000 bouteilles en France et en Europe. Un vin de caractère à l’image de Puycelsi et de son terroir.