Oublier, ce nest pas possible, déclare Ginette Kolinka, survivante de la Shoah, lors de la






Ginette Kolinka, témoin de l’Histoire

Ginette Kolinka, âgée de 100 ans et rescapée d’Auschwitz, continue de témoigner devant les scolaire. Sa détermination à partager son expérience et à éduquer les jeunes générations est un exemple poignant de résilience face à l’oubli.

Publié ,
temps de lecture : 3 min.

Ginette Kolinka, en décembre 2023, au mémorial de Caen.
Ginette Kolinka, en décembre 2023, au mémorial de Caen. (MARTIN ROCHE / MAXPPP)

« Oublier, ce n’est pas possible », assure, mercredi 21 janvier, sur France Inter, Ginette Kolinka. Elle est l’une des dernières survivantes de la Shoah à témoigner et publie Contre la haine en collaboration avec Catel Muller. Malgré les années, elle continue d’intervenir, parfois plusieurs fois par semaine, devant des publics de tous âges. « Les adultes, je ne peux pas les convaincre, ils ne m’écouteraient pas, mais dans les établissements scolaires, j’ai en face de moi des jeunes », explique-t-elle.

Ce qui l’impressionne particulièrement dans les établissements scolaires, c’est de voir des élèves de différentes origines assis « côte à côte » et naturellement ensemble. Son message est simple : apprendre à connaître l’autre, discuter avec ceux qui ne nous ressemblent pas. Les professeurs sont souvent surpris de constater que pendant deux heures et demie, les élèves restent captivés par son récit. « Je leur dis que c’est parce que moi je les intéresse », ironise-t-elle.

Arrêtée par la Gestapo à Avignon le 13 mars 1944 avec son père, son frère et son neveu, Ginette Kolinka se souvient de chaque détail de cette journée et des mois qui ont suivi à Auschwitz-Birkenau. « Alors que je n’ai pas de mémoire du tout, je ne me rappelle plus ce que j’ai fait hier, mais mon cerveau doit être tapissé de toutes ces images », confie-t-elle. Affectée aux travaux de terrassement, elle a creusé des fossés, construit des routes et transporté des pierres sous les coups.

L’humiliation a été immédiate : « On vous met nue, au premier abord, vous êtes humiliée. Mais après, on va vous enlever vos cheveux, le poil du sexe. Une fois qu’on a été humilié, on n’est plus rien. Ils nous ont transformés, on n’est plus des humains, on est des robots. » Son père et son frère ont été assassinés dès leur arrivée, et elle l’a appris sans pleurer. « J’ai appris que mon père et mon frère étaient partis en fumée, je ne me suis pas trouvée mal, je n’ai même pas pleuré, d’ailleurs, je n’ai plus jamais pleuré du reste de ma vie », raconte-t-elle sans détour.

Quant à sa survie, elle écarte les notions de courage ou de volonté : « Moi, je n’ai qu’un seul mot, la chance. J’étais un robot, un robot ça ne réfléchit pas. » Aujourd’hui, après avoir « vu tellement de choses affreuses », elle affirme que « tout est formidable, tout est bien ». Elle vit dans la maison de retraite des Invalides, « dans un cocon », et refuse de se laisser submerger par les mauvaises nouvelles : « On ne peut pas avoir sur ses épaules toute la misère du monde. »



FONTE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *