Imported Article – 2026-05-07 20:21:59






Le Château de Chambord en Danger

Le château de Chambord, l’un des plus visités chaque année en France, est en danger. L’aile royale du château de François Ier tombe en ruine. Le directeur général du domaine alerte sur la situation.

État des lieux

Le château de Chambord, l’un des joyaux du patrimoine mondial, est impeccable vu de l’extérieur. Pourtant, derrière ses murs, l’ampleur des dégâts est alarmante. Fissures, trous, humidités… Toute l’aile royale du château de François Ier se détériore. Lorsque l’on pénètre dans cette partie du château, fermée au public, un coup d’œil suffit pour constater l’état de délabrement. Des dizaines d’étaiements soutiennent les portes et les fenêtres, tandis que d’innombrables fissures sont visibles sur les murs.

« Certaines fissures de petites dimensions reviennent, au cours d’une année à peu près à leur place d’origine. Ici, ce n’est pas le cas. Ça se déforme encore, d’où l’urgence à intervenir », explique Maël de Quelen, architecte en chef des monuments historiques.

Problèmes structurels

Le problème structurel est présent à tous les étages. Sous une charpente vieille de 500 ans, les poutres du plancher s’affaissent dangereusement. « Cette pièce de bois, qui est une poutre secondaire, montre des altérations liées à l’attaque des insectes qui prolifèrent en cas de présence d’humidité. Donc cette pièce-là, on va devoir la changer », précise Maël de Quelen. Pire encore, le plancher menace de s’effondrer. Les épisodes de sécheresse n’ont fait qu’aggraver son état. « Nous sommes à un point critique de sauvegarde, nous ne pouvons plus attendre. », alerte Pierre Dubreuil, directeur général du Domaine national de Chambord.

Une construction sous pression

Malgré des travaux de consolidation au fil des siècles, la structure unique résiste difficilement à l’épreuve du temps. Comment expliquer ces dégâts ? L’aile aurait été construite en seulement six ans, une véritable prouesse. Pour y parvenir, toutes les contraintes ont été repoussées avec des dimensions hors normes qui montrent aujourd’hui leurs limites. Les charpentes, lourdes, exercent une pression trop forte sur les murs, les poussant vers l’extérieur. Les façades, elles, sont très hautes, atteignant 19 mètres pour seulement un mètre de large. Résultat : le haut de la façade s’affaisse vers la douve, il y a un écart de 19 centimètres avec la base.

Les fondations menacées

Concernant les fondations du château, celles-ci sont mises à rude épreuve sur un sol marécageux. En 2016, une crue historique a complètement recouvert les jardins, les chemins et le pied des façades, endommageant gravement la base de l’édifice. « Le niveau de l’eau est monté presque au ras des fenêtres. Tout ça a créé des voies d’eau, donc des passages de l’eau dans la terre. Et nous avons aujourd’hui certaines fragilités au niveau des fondations », explique l’architecte en chef des monuments historiques. Avec les crues puis les sécheresses, de plus en plus fréquentes en raison du changement climatique, le niveau de l’eau varie continuellement. Une étude est en cours pour tenter de réguler cette situation.

Un projet de rénovation ambitieux

Préserver Chambord est un chantier colossal, qui coûte 37 millions d’euros. Un tiers de cette somme est déjà financé, notamment par le ministère de la Culture. Le château lance un appel aux dons avec une cagnotte en ligne. Plus de 600.000 euros ont déjà été récoltés. « Je trouve que c’est bien, ça permet de donner ne serait-ce que cinq euros », commente une visiteuse. « C’est important de conserver cette image et puis cette architecture, parce qu’il y a quand même près de 500 ans d’histoire », souligne un promeneur. La réouverture de l’aile François Ier est prévue pour 2032 au plus tôt.



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