Le chancelier Friedrich Merz et la coalition au pouvoir présentent la semaine prochaine un train de réformes (retraites, fiscalité, santé). De quoi reprendre la main ?
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Friedrich Merz doit affronter un mécontentement grandissant. En effet, 85 % des Allemands se disent insatisfaits de son action : jamais un chancelier n’a été aussi impopulaire. C’est un comble pour le leader de la CDU, qui n’hésitait pas à épingler la faible popularité de son prédécesseur social-démocrate Olaf Scholz.
Présenté comme l’anti-Merkel, censé être plus ferme sur l’immigration, plus libéral, Friedrich Merz n’a pas eu les coudées franches pour dérouler son programme. Son parti n’ayant pas obtenu une majorité suffisante, il a été contraint de faire alliance avec les sociaux-démocrates du SPD. Les sujets de friction au sein de la coalition n’ont d’ailleurs pas manqué ces derniers mois, avec l’AfD, le parti d’extrême droite, en embuscade.
Dans la presse, un nom a émergé comme potentiel successeur : celui d’Hendrik Wüst, 50 ans, du même parti que Merz et chef du gouvernement de la Rhénanie du Nord-Westphalie, la région la plus peuplée d’Allemagne. Des informations qualifiées fin mai de « spéculations » par le porte-parole du gouvernement.
Élu de justesse en mai 2025, Friedrich Merz ne peut que constater son impopularité. Il a reconnu ne pas être en mesure de garantir la survie de son gouvernement jusqu’aux prochaines élections, prévues en 2029. Une situation qu’il déplore par ailleurs : « Aucun chancelier avant moi n’a eu à endurer une chose pareille », disait-il fin avril à l’hebdomadaire Der Spiegel. Cela lui a valu de nombreuses critiques.
Habitué aux phrases chocs, il a suscité des polémiques. Le chancelier avait ainsi reproché aux Allemands de ne pas travailler suffisamment. En octobre dernier, il avait aussi évoqué à propos de la question migratoire un « problème qui persiste dans le paysage urbain ». À un journaliste qui lui demandait de préciser ses propos, Merz avait répondu : « Demandez à vos filles, je suppose que vous obtiendrez une réponse assez claire et nette », suscitant un tollé et un léger rétropédalage, ces déclarations n’ayant pas manqué d’évoquer l’extrême droite.
L’AfD se sent pousser des ailes : dans les sondages, le parti dépasse la coalition CDU-SPD. Les élections qui auront lieu en septembre dans deux Länder d’ex-Allemagne de l’Est (Saxe-Anhalt et Mecklembourg-Poméranie-Occidentale) auront valeur de test.
Au début du mois, Friedrich Merz a mis en garde contre un succès électoral du principal parti d’opposition. « Si nous ne sommes pas assez bons, il y aura ce big bang » et il a ajouté que « cela remettra en question tout ce qui fait la grandeur et le succès de notre pays ». Mise en garde sans doute peu efficace, de la part d’un chancelier qui a perdu en crédibilité.