Dun seul coup, on a entendu le moteur qui faisait un drôle de bruit… : après le crash mortel






Crash d’avion à Tomblaine

La ville de Tomblaine, près de Nancy, est sous le choc après le crash d’un petit avion à bord duquel cinq personnes s’apprêtaient à faire leur baptême de saut en parachute dimanche 28 juin.

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L'aérodrome de Tomblaine près de Nancy le 28 juin 2026 (DIMITRI RAHMELOW / AFP)
L’aérodrome de Tomblaine près de Nancy le 28 juin 2026 (DIMITRI RAHMELOW / AFP)

L’émotion est vive à Tomblaine, en banlieue de Nancy. Dimanche 28 juin, onze personnes sont mortes dans le crash d’un avion léger : cinq infirmiers libéraux qui s’apprêtaient à faire leur baptême de saut en parachute, leurs cinq instructeurs et le pilote de l’appareil. L’appareil a commencé par prendre son envol avant de subitement tomber. Certaines familles de victimes étaient présentes pour prendre des photos de ce baptême, elles ont vu de leurs yeux la chute de l’aéronef. Beaucoup d’autres personnes ont aussi été témoins du crash, car l’avion s’est écrasé tout près des maisons voisines de l’aérodrome.

Maria est assise sur son fauteuil en plastique devant sa caravane, à la même place qu’au moment de l’accident. « J’étais là, au bord de la petite piscine, raconte-t-elle. J’étais en train de discuter avec ma fille. On ne faisait pas attention parce qu’il y a tout le temps des avions qui passent. Et puis d’un seul coup, on a entendu le moteur qui faisait un drôle de bruit… »

« L’avion a eu un problème parce qu’on a arrêté de parler, puis on a guetté… Et puis, on s’est dit : ‘Ça y est, il tombe !' »

Maria, une riveraine

Choquée, Maria poursuit : « Ma fille a pris la voiture et un monsieur a appelé la police. Des gens sont venus pour éteindre les flammes avec des extincteurs. » L’octogénaire n’a pas arrêté de penser aux victimes et aux familles qui ont assisté au crash. « Je suis attristée, confie-t-elle. J’ai de la peine pour ces petites gens, ces petites familles qui sont venues les voir. »

L’avion est tombé à 300 mètres de là. Les voisins de Maria, Madeleine et Philippe, étaient chez eux. Ils ont surtout entendu les sirènes. « C’est trop dur, témoigne Philippe. C’est malheureux de monter dans un avion, de vivre un moment joyeux et qu’il arrive ce drame-là. »

À l’entrée de l’allée, Brigitte est sortie promener ses chihuahuas. Elle aussi a passé sa journée à regarder les informations. « J’ai cherché à comprendre comment cet accident a pu se produire, explique-t-elle. Ça fait 30 ans que je suis ici. On entend des avions qui passent tout le temps, le matin, l’après-midi… » Elle s’en remet à sa foi : « J’ai prié de tout mon cœur pour que le Seigneur récupère ces âmes. Et pour les familles, qu’Il leur donne plein de courage. »

Les familles et les témoins sont accueillis à quelques centaines de mètres. Le centre culturel de Tomblaine a été transformé en cellule d’urgence avec des médecins, des infirmières et des psychologues. Sur le parking, quelques personnes visiblement accablées se prennent dans les bras avant de s’engouffrer dans la salle. « On veut que les gens aient au moins la possibilité de décharger des émotions, explique Benjamin Nasserie, médecin psychiatre responsable de la cellule. Dans ce genre de situation, il y a autant de façons de réagir qu’il y a de personnes impliquées. »

Il y a des personnes qui vont être prostrées, plutôt avec des difficultés à faire émerger leurs émotions. À l’inverse, parfois les émotions seront très fortes et très explosives. Tout le monde se place en fonction de son tempérament et de ce qu’il a vécu.

Benjamin Nasserie, médecin psychiatre

Au moins 50 personnes ont été prises en charge ici ce dimanche. Les équipes de soignants vont encore rester plusieurs jours. Pour le grand public, un espace de recueillement a été installé au stade Marcel Picot, tout proche du lieu du crash. Pour l’instant, aucune hypothèse sur la cause de ce crash n’est écartée : panne de moteur, malaise du pilote ou mauvaise disposition des passagers qui aurait pu causer un déséquilibre.

Le reportage de Caroline Felix à Tomblaine, près de Nancy.



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