Sans soutien, les gardiens dimmeubles parisiens craignent de partir à la retraite. El título






Préoccupations des gardiens d’immeubles parisiens à l’approche de la retraite

Salaires bas, petites pensions, logements conditionnés à leur activité… Pour les gardiens d’immeubles parisiens, l’heure de la retraite est souvent synonyme de grandes difficultés.

La situation des gardiens d’immeubles

Samir Dabachi, 49 ans, l’assure d’emblée : ce métier, « c’est exactement ce que je voulais ». Après avoir travaillé quelques années dans l’équitation, notamment au Maroc, il avait envie de stabilité : « j’étais au RSA. Puis j’ai vu un conseiller, qui m’a trouvé très sociable et m’a proposé une formation de gardien d’immeuble. J’ai dit : pourquoi pas. » Voilà 13 ans qu’il effectue les tâches ménagères des parties communes de son immeuble du 19e arrondissement de Paris, vers le métro Jourdain.

M. Dabachi est particulièrement attaché au contact avec les locataires. Il décrit également une évolution de son métier, de plus en plus en lien avec les outils technologiques, notamment lorsqu’il est chargé de faire les visites et les états des lieux d’appartements, ou encore les bons de commande en cas de problème avec un volet roulant ou une fenêtre endommagée.

Une rémunération insuffisante

Samir Dabachi adore son métier, donc, mais les conditions ne sont pas évidentes, admet-il. Niveau salaire, notamment, « c’est un peu compliqué. » L’homme dispose d’un T3 dans l’immeuble où il travaille, moyennant 500 euros qui lui sont ponctionnés chaque mois de son salaire. Il lui reste environ 1.700 euros de revenus nets. Pour l’heure, pas d’inquiétude. Mais quand l’heure de la retraite approchera, il faudra faire un choix : « si au moment de mon départ, j’ai de l’aide pour trouver un logement chez le bailleur avec qui je travaille, un studio, quelque chose de pas cher, je pourrais rester en France. Mais si je n’ai pas d’aide, je serais obligé de partir. Car même un loyer à 1.000 euros, c’est dur », admet Samir Dabachi, qui dispose de la double nationalité française et marocaine.

Comme Samir Dabachi, nombreux sont les gardiens d’immeubles parisiens à craindre pour le futur. Historiquement, le métier de gardien n’était pas encadré dans le droit. Mais les syndicats et employés sont parvenus à mettre en place « un régime pour prendre en compte les particularités de leur métier et se protéger », explique Paul Briey, président du Syndicat National de l’Immobilier, des Gardiens d’Immeubles, Concierges et professions connexes (SNIGIC).

Les types de contrats

Parmi les travailleurs bénéficiant de la convention collective des gardiens d’immeubles, il existe deux types de contrats : « les employés d’immeubles, aux 35 heures, qui ne sont pas logés sur place et sont payés au-dessus du SMIC. Et les gardiens de catégorie B, qui sont logés et payés à la tâche », poursuit Paul Briey.

Données sur le secteur

Au total, 59 % des gardiens, concierges et employés d’immeubles salariés sont des femmes et 60 % des salariés du secteur se concentrent en Île-de-France, selon une étude de l’Opérateur de compétences des entreprises de proximité (Opco EP). Au total, le secteur représente près de 53.000 salariés.

Les gardiens d’immeubles ont des rémunérations « qui peuvent tourner autour de 1.100, 1.200 euros brut par mois » et habitent dans une loge « pas toujours très grande et très bien entretenue ». Une situation « qui ne permet pas de mettre de l’argent de côté afin d’anticiper la retraite », déplore le président du SNIGIC. D’autant plus qu’un départ en pension signifie déménagement, puisque le logement est directement lié à la fonction.

Retarder la retraite

Face à ces difficultés, certains gardiens décident de repousser leur départ. « Mais ce sont des métiers usants, physiques. Il faut tracter les poubelles, se baisser pour faire le ménage… Des tâches très difficiles après 64, 65 ans », regrette Paul Briey. Selon lui, « augmenter les salaires permettrait aux gardiens d’anticiper plus sereinement leur retraite. »

Un enjeu qui risque de devenir encore plus pressant avec le temps. Toujours selon l’Opco EP, 48 % des gardiens, concierges et employés d’immeubles avaient plus de 55 ans en 2023. Le maire du 16e arrondissement (Les Républicains, Les Centristes-Demain Paris !) avait proposé un vœu au Conseil de Paris à l’automne 2025 afin que les gardiens à la retraite puissent être prioritaires dans les demandes de logement social. Un vœu qui a été rejeté par les élus municipaux.



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