Si la presse grecque a d’abord entretenu la polémique autour du casting du film, le public semble plutôt enthousiaste à l’idée de voir le célèbre récit prendre vie sur grand écran.
Article rédigé par franceinfo – Emmanuelle Steels
Radio France
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Le film L’Odyssée, de Christopher Nolan, est sorti depuis quelques jours et connaît déjà un succès retentissant, y compris en Grèce. Au pays d’Homère, les médias ont d’abord entretenu la polémique, notamment au sujet des choix de casting. Mais le public grec fait fi des critiques et se montre plutôt enthousiaste.
Les controverses qui ont entouré la sortie du film ne trouvent pas vraiment d’écho auprès du public à la sortie d’un cinéma à Athènes. L’absence d’acteurs grecs au casting ? Une Hélène noire ? Ce sont des lubies d’extrême droite, à en croire les spectateurs. L’un d’entre eux évoque même « un honneur » de voir l’œuvre d’Homère « adaptée par un si grand réalisateur. » Dimitris, qui travaille pour l’armée grecque, pense que ses compatriotes sont surtout curieux de voir ce que Hollywood a fait de « leur » Odyssée.« Les Grecs ont des sentiments très forts quant à leur identité culturelle, donc ils ressentent plus profondément tout ce qui est mis en scène dans ce film », analyse-t-il.
Mais quels sont donc ces sentiments profonds qui animent les Grecs quand on parle de l’Odyssée ? Ada Daliaka, critique de cinéma au grand journal To Vima, a la réponse : « Nous, les Grecs, nous avons une relation très étroite, très intime avec L’Odyssée. »
« Ce récit est lié aux éléments essentiels de la culture grecque : l’hospitalité, la mer, le retour à la maison, l’exil, se perdre et se retrouver… Ou, comme le dit notre expression : ‘trouver sa propre Ithaque’. «
La journaliste évoque aussi un imaginaire collectif qui rend ce film particulier pour les Grecs, car ils entretiennent une grande familiarité avec l’univers d’Homère : les personnages, les créatures étranges et leur symbolique. « En Grèce, explique-t-elle, nous étudions L’Odyssée à l’école à partir de l’âge de 12 ans. Donc ce sont des images qui nous accompagnent jusqu’à l’âge adulte et durant toute notre vie. »
De la fascination : c’est ce qu’Ada Daliaka dit avoir ressenti en voyant ce récit qui lui est cher prendre vie sur grand écran.