Ils fuient les projecteurs, cultivent le secret et ont bâti leur légende. Et si les designers les plus insaisissables se racontaient mieux à travers la fiction ?

« Je veux qu’on me laisse tranquille »: Phoebe Philo, la Greta Garbo de la mode
Elle ne parle jamais aux médias, ne veut pas être prise en photo et a même arrêté les défilés. Comme la Divine, qui demandait qu’on la laisse tranquille, la créatrice britannique la plus influente de sa génération en a tiré une nouvelle forme de pouvoir.
« I want to be alone. » Ce n’est pas Garbo qui parle, mais son personnage dans Grand Hotel (1932). Pourtant, la réplique lui collera longtemps à la peau. Critiques et biographes la lui attribueront à longueur de portraits, jusqu’à ce qu’en 1955, dans une rare interview à Life, elle ait l’occasion de rectifier sa pensée.
« I only said I want to be let alone ! There is all the difference. » Du «Je veux être seule », manifeste d’un retrait du monde, à «Je veux qu’on me laisse tranquille , revendication d’une vie privée, c’est le malentendu qui a nourri la légende de l’actrice la plus célèbre de son temps.
Par paresse et comparaison facile, les journalistes ont souvent qualifié Phoebe Philo de «Garbo de la mode ». À se soustraire aux interviews et aux photographes, elle aussi a été enfermée dans l’image d’une femme en quête de solitude, voire de réclusion volontaire. Le parallèle avec la Divine se joue dans cette nuance : «Je veux juste qu’on me laisse vivre…»
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