Cest un manque de respect : Les marcheurs français expriment leur colère face au regroupement






Logistique des Championnats d’Europe de marche

Les marcheurs et marcheuses des semi-marathons et marathons marche s’élanceront tous samedi à 8h30. Le rassemblement des courses risque de complexifier la logistique des ravitaillements et la compréhension du spectacle sportif.

Publiée le 15/08/2026 à 06:45

Temps de lecture : 2 min

Pauline Stey sur le 20 km marche des Mondiaux d'athlétisme, le 20 septembre 2025 à Tokyo.
Pauline Stey sur le 20 km marche des Mondiaux d’athlétisme, le 20 septembre 2025 à Tokyo. (PHILIP FONG / AFP)

A la lecture du programme des championnats d’Europe, des sourcils se sont levés. Semi-marathon marche hommes et femmes, marathon marche hommes et femmes, départ samedi 15 août à 7h30 (8h30 à Paris), en plein centre-ville de Birmingham. Quatre courses, plus d’une centaine d’athlètes réunis sur une boucle d’un kilomètre de long : le scénario est inédit et loin de ravir la délégation française. « J’interprète ça comme un manque de respect. Les Anglais n’ont pas de marcheurs donc, pour parler crûment, ça les fait un petit peu chier d’organiser la marche, » tonitruait Clémence Beretta, engagée sur le semi-marathon.

L’athlète tricolore pointe l’exemple inverse du « beau spectacle » proposé à Rome il y a deux ans, devant le Stadio Olimpico (avec une arrivée sur la piste), par une nation forte de la discipline. La boucle s’annonce en outre légèrement vallonnée, étroite et jonchée de quelques pavés. « Ça ne va pas être évident pour les dépassements alors que les allures ne sont pas les mêmes entre marathon et semi, » poursuit la Vosgienne.

Pour les athlètes, la logistique des ravitaillements pourrait s’avérer un défi. « On a des super ravitailleurs, des kinés de la fédé, qui sont très habitués à tout ça, mais c’est sûr qu’on va être 100 marcheurs en même temps, des hommes, des femmes, des allures très différentes, » complète Pauline Stey, également engagée sur le semi-marathon. « C’est de la merde, » lâche, sans détour, Aurélien Quinion, qui lui, participe au marathon.

« On aurait pu faire un circuit sur deux kilomètres comme cela a été fait à Tokyo. On va sûrement rater les ravitaillements, on ne va pas voir forcément nos chronos, ça va être un bordel. »

Aurélien Quinion, engagé sur le marathon marche

en conférence de presse à Birmingham

Pour s’assurer que les athlètes puissent récupérer bidons et gels sur leur table de ravitaillement, le staff tricolore va devoir redoubler de vigilance. « On va mettre quatre personnes pour ravitailler. On va mettre aussi des personnes en amont de la table pour prévenir que tel athlète arrive. Plus du staff pour récupérer les bidons, et préparer les bidons, » avance Olivier Lund, qui assure le suivi des marcheurs. D’autres garderont enfin un œil plus précis sur le classement et les cartons reçus par chacun.

« Essayer de comprendre quelque chose quand il y a une centaine de personnes en même temps sur une piste qui ne font pas les mêmes distances, c’est ingérable. Que ça soit pour nous, pour l’encadrement et pour les spectateurs, » regrette Aurélien Quinion. Pour distinguer les athlètes, des couleurs de dossard différentes ont été attribuées à chacune des courses.

Aurélien Quinion en course sur le 35 kilomètres marche des Mondiaux de Tokyo, le 13 septembre 2025.
Aurélien Quinion en course sur le 35 kilomètres marche des Mondiaux de Tokyo, le 13 septembre 2025. (KUNIHIKO MIURA / YOMIURI)

Une maigre différenciation pour les commentateurs qui vont devoir continuellement jongler entre les différents groupes. « Justement, ça pourra peut-être éviter de longs blancs parce qu’il y aura toujours des Français à suivre, » espère Clémence Beretta. Un brin d’optimisme que ne partage pas sa coéquipière Pauline Stey.

« Il n’y a aucun sens de faire ça. Déjà dans une course, c’est parfois difficile de savoir qui est dans quel peloton. Mais là, dans quatre courses différentes… »

Pauline Stey, engagée sur le semi-marathon marche

en conférence de presse à Birmingham

« Et puis, je pense aux marathoniens, ils vont nous voir terminer le semi, alors qu’il leur restera plus d’un semi. Heureusement que je ne le fais pas, parce que ça m’aurait déprimée. » Bien décidée à ne pas se laisser distraire par ce qui n’est pas de son ressort, la marcheuse tricolore n’espère qu’une chose : que le sujet soit abordé après la compétition.



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