Sept morceaux essentiels pour (re)découvrir linclassable Tyler, The Creator avant son grand






Tyler, The Creator: Un parcours musical exceptionnel

Presque aussi rare qu’une éclipse, vous ne pourrez voir Tyler, The Creator qu’une seule fois en France cette année, le 26 août à Rock en Seine sur la grande scène du domaine national de Saint-Cloud. S’il s’impose aujourd’hui parmi les plus grandes figures du rap, la tête d’affiche américaine est également connue pour son énergie transcendante sur scène.

Entre le rap et la pop, Tyler, The Creator, de son vrai nom Tyler Okonma, fait partie de ces artistes inclassables. Sa musique relève d’un genre de rap alternatif influencé par la funk, l’électro, le jazz et le RnB. L’artiste de 35 ans, couronné pour ses projets Igor (2019) et Call Me If You Get Lost (2021) aux Grammy Awards (meilleurs albums rap), affiche son ambition de repousser les limites et impose son identité visuelle colorée aussi unique qu’excentrique. Depuis ses débuts avec le collectif de musique Odd Future, créé en 2007, la singularité artistique qu’il prône force le respect de ses pairs. Voici sept morceaux pour replonger dans la discographie de Tyler, The Creator avant de le voir sur scène à Rock en Seine (pour les plus chanceux).

L’indémodable « She » feat. Frank Ocean (2011)

Les fans les plus fidèles l’ont découvert sur le projet Goblin (2011), son premier en solo, notamment avec Yonkers et son clip trash où Tyler, The Creator mange un cafard et se pend. À une époque où il cherche, par-dessus tout, à choquer et à provoquer, le titre She raconte une histoire sombre et dérangeante dans laquelle il entretient une relation obsessionnelle avec une femme. Un récit glaçant d’une romance à sens unique sur fond de harcèlement.

Malgré la violence du texte, propre au lexique de son début de carrière, le refrain chanté de Frank Ocean, ancien membre du collectif Odd Future, contraste par sa douceur. Une différence saisissante sur laquelle jouent les deux artistes tout au long de ce morceau hypnotique.

Le classique « See You Again » feat. Kali Uchis (2017)

Avec sa voix douce, quelques notes de piano et des paroles empreintes de sincérité, Tyler, The Creator amorce avec See You Again un tournant vers un nouvel horizon musical qui va contribuer à asseoir la reconnaissance dont il jouit aujourd’hui. Mélancolique et sentimental, le morceau dépeint une relation amoureuse fantasmée. Porté par les harmonies pop et la voix mélodieuse de Kali Uchis, le titre traduit la solitude de l’artiste à travers cet amour imaginaire, une personne qui n’existe que dans ses rêves.

See You Again est écrit alors que Tyler, The Creator est au plus bas, après l’échec commercial de Cherry Bomb – son album sorti en 2015, accompagné selon lui d’une tournée catastrophique. Ce titre, présent sur l’album Flower Boy sorti en 2017, va toucher toute une génération qui découvre l’artiste à cette occasion.

Le sublime « Are we still friends? » (2019)

Igor est un album storytelling qui raconte un amour destructeur à sens unique. Interprété par le rappeur, « Igor », un personnage fictif sensible à la perruque blonde, est amoureux d’un garçon en couple avec une fille. À travers les douze titres du projet, le chanteur dépeint le mal-être de son protagoniste. Celui-ci finit par se résigner dans Are we still friends? qui conclut l’album. Tyler, The Creator recrache la rage et le désespoir d’Igor qui cherche par tous les moyens à rester proche de la personne qu’il aime en répétant à quatorze reprises « sommes-nous toujours amis ? » et « pouvons-nous être amis ? » car il est incapable de « lui dire adieu ».

Propres à la couleur artistique du projet, les synthés de l’instrumental – produit par l’artiste lui-même – offrent au morceau une intensité rare, à la mesure de cet appel à l’aide d’un homme pris au piège d’une boucle amoureuse. Are we still friends? devient alors le bouquet final d’un album profondément touchant. Grâce à lui, l’artiste décroche son premier Grammy Award, en 2020, dans la catégorie album rap de l’année.

L’envoûtant « Sweet / I thought you wanted to dance » feat. Brent Faiyaz et Fana Hues (2021)

Sweet / I thought you wanted to dance, dixième morceau de l’album Call Me If You Get Lost, comprend deux musiques. Il s’inscrit dans une tradition chez Tyler, The Creator. Très souvent, le dixième titre de ses projets en cache un autre comme on a pu le voir par le passé avec les excellents 911 / Mr. Lonely (2017) ou Gone, Gone / Thank you (2019).

D’abord porté par la touche RnB de Brent Faiyaz, Tyler, The Creator s’adapte et opte pour une partie chantée. La transition entre les deux musiques est fluide, assurée par la voix d’une femme, en français, qui répète la traduction du nom de l’album : « Appelle-moi si tu te perds ». La seconde partie s’ouvre sur une mélodie entêtante aux influences de reggae et dresse un décor idyllique d’un départ en vacances. La couverture de l’album – arborant un passeport – renforce cette idée d’un voyage auditif. Le timbre de voix de Fana Hues se marie à merveille avec l’instrumental et offre une ambiance solaire et légère.

L’introspectif « Like Him » feat. Lola Young (2024)

En 2024, Tyler, The Creator enfile un nouveau masque à l’occasion de son album Chromakopia. Parmi les quatorze titres, Like Him se démarque par sa sincérité. D’une voix fluette, l’artiste revient sur l’abandon de son père. Lui qui a été élevé seul par sa mère, Bonita Smith, évoque régulièrement l’absence d’une figure paternelle comme dans Inglourious (2009) ou dans Answer (2013).

À travers Like Him, Tyler, The Creator, plus introspectif que jamais, recherche indéfiniment ce « fantôme » d’enfance aux airs familiers puisque sa mère, présente au début du morceau, affirme qu’il lui ressemble. Like Him – que l’on traduit par « Comme lui » – reflète la quête d’identité et de vérité menée tout au long de la musique par le rappeur, qui aboutit par les aveux de sa mère, navrée de l’avoir éloigné de son père très jeune. La chanson s’achève en apothéose, grâce à l’instrumental qui sublime l’émotion des paroles.

L’entraînant « Sugar On My Tongue » (2025)

À Rock en Seine, le 26 août, dès les premières notes de Sugar On My Tongue, la foule risque de s’embraser et de chanter en chœur les « hey hey », sous le martèlement des percussions. Des mouvements de foule sont à prévoir, âmes claustrophobes, vous voilà prévenues.

Issu de son dernier album Don’t Tap the Glass, le morceau s’inscrit parmi une suite de musiques dansantes et solaires comme Sucka Free ou Ring Ring Ring. Sugar On My Tongue emprunte des sonorités funk, pop des années 2000 et électro. Si elles sont déjà présentes dans plusieurs de ses musiques
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