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Tornade dans le Val-d’Oise : Appel à reconnaître l’état de catastrophe naturelle

Trois mois après le passage destructeur d’une tornade dans le Val-d’Oise, deux maires demandent au ministre de l’Intérieur de réexaminer le dossier, insistant sur le caractère « rare, brutal et exceptionnel » de l’incident.

Un événement météorologique exceptionnel

« Cet épisode climatique violent a fait la une des médias pendant plusieurs jours… Il y avait bien un caractère exceptionnel et une violence inhabituelle », fustige Céline Villecourt, maire LR de Saint-Prix et vice-présidente du conseil départemental du Val-d’Oise. Plus de trois mois après la violente tornade qui a traversé une partie du département, la décision de ne pas reconnaître l’état de catastrophe naturelle fait réagir.

Xavier Melki, maire LR de Franconville, s’étonne que « des phénomènes reconnus comme tornadiques, non contestés dans leur nature ni dans leur violence, ne donneraient pas lieu à reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle, au seul motif qu’ils ne relèveraient pas de catégories climatiques tropicales ». Dans un courrier adressé au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, les maires de Franconville et Saint-Prix font part de leurs « sérieuses réserves » et demandent une réévaluation du dossier.

Des pertes humaines et des destructions matérielles

La tornade survenue le 20 octobre 2025 avait causé la mort d’un ouvrier et fait de nombreux dégâts matériels sur les habitations : toitures arrachées, vitres brisées, mobiliers soufflés. Xavier Melki et Céline Villecourt soutiennent que l’événement météorologique présentait les caractéristiques d’un phénomène « rare, brutal et d’une intensité exceptionnelle » pour le département.

Selon un rapport de Keraunos, l’Observatoire français des tornades et orages violents, la tornade a parcouru 21 kilomètres avec une largeur moyenne de 300 mètres. Des vents estimés entre 175 et 220 km/h ont été enregistrés sur plusieurs communes.

On ne peut pas encore mesurer s’il y aura un impact financier.

Mohammed Zaghdane, président de l’IME Le Clos Fleuri

Des conséquences lourdes pour les établissements touchés

À Ermont, les conséquences de la tornade sont particulièrement lourdes pour l’IME (institut médico-éducatif) Le Clos Fleuri. « La chute d’une grue, sur un chantier à côté de l’IME, a éventré la toiture et le dernier étage, il n’y aura pas de réparations possibles, le bâtiment va être démoli », témoigne son président, Mohammed Zaghdane. Un relogement des résidents dans plusieurs établissements du département a été effectué en urgence en attendant la reconstruction d’un nouveau bâtiment. Une situation qui laisse place à de nombreuses incertitudes : « l’assureur du chantier devrait prendre en charge la démolition mais on ne peut pas encore mesurer s’il y aura un impact financier ou pas pour nous ».

Dans la ville de Saint-Prix, « une cinquantaine de familles attendent toujours le début des travaux sur leur habitation », explique la maire. Certaines voient leurs dommages partiellement ou non indemnisés en l’absence de reconnaissance de catastrophe naturelle.

Nous ne pouvons pas non plus ignorer l’impact psychologique des sinistrés.

Céline Villecourt, maire LR de Saint-Prix

Les élus en appellent à la justice

Dans leur lettre adressée au ministre de l’Intérieur, les élus s’appuient notamment sur l’article L.125-1 du Code des assurances, qui définit les catastrophes naturelles comme des dommages causés par l’intensité anormale d’un agent naturel, lorsque les mesures habituelles de prévention n’ont pu empêcher leur survenue. Pour eux, « les conditions posées par le législateur sont bien réunies ».

Céline Villecourt insiste enfin sur le fait que cette reconnaissance « n’est pas symbolique » : elle « change juridiquement le cadre d’indemnisation » et peut s’avérer « déterminante pour des biens aujourd’hui mal ou non couverts par les assurances. Nous ne pouvons pas non plus ignorer l’impact psychologique des sinistrés, notre devoir est de les soutenir », ajoute-t-elle.

Un appel à une décision éclairée

Dans ce contexte, les maires de Franconville et Saint-Prix appellent le ministère de l’Intérieur à une « lecture attentive et approfondie » du dossier, à la lumière des éléments transmis et des faits constatés. Une démarche qui s’inscrit « dans un esprit constructif », avec l’objectif de parvenir à une décision « pleinement éclairée », répondant aux attentes des habitants.

En parallèle, le Département du Val-d’Oise a déjà débloqué une aide exceptionnelle d’un million d’euros pour accompagner la reconstruction des équipements publics.



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