C’est un sport qui est devenu pour certains une addiction : le padel connaît un succès fou, avec déjà 800.000 joueurs séduits en quelques années. Mais cette passion dévorante est parfois jugée trop bruyante.
Visite dans un club de padel
Dans une salle du sud de Paris, les joueurs défilent du matin au soir. Le padel est un sport au succès fou, qui ressemble au tennis et dans lequel on joue en double en s’aidant des vitres. Un groupe d’amis se réunit plusieurs fois par semaine pour taper la balle jaune. Lucile Le Thuc a découvert ce sport il y a un an et demi. L’aspect sportif, mais aussi la convivialité, l’ont rendue accro.
« On se retrouve juste après la partie, on débriefe. Et surtout, je me suis fait un cadre de nouveaux copains qui est génial. Franchement, tout est bien dans ce sport, » se réjouit-elle.
Problèmes de voisinage
En France, ils sont plus de 800.000 padelistes. Cette popularité suscite parfois des problèmes de voisinage. En effet, le padel génère du bruit. Au total, 17.000 personnes vivent à moins de 100 mètres d’un terrain de padel extérieur. C’est le cas d’Alexandre Dubuche, à Simiane-Collongue (Bouches-du-Rhône). Tous les jours de la semaine, les balles résonnent jusque dans son jardin.
« Là, on entend bien les balles, ça nous fait penser un petit peu comme un stand de tir, » compare-t-il.
Des habitants du quartier se sont constitués en collectif. Ils ont entamé une procédure judiciaire, excédés par le bruit des balles et par les cris des joueurs. Le jardin d’une retraitée surplombe les terrains et pour elle, les nuisances ne s’arrêtent jamais.
« C’est exaspérant. En fin de journée, on n’en peut plus parce que ça commence à 9 heures le matin, c’est jusqu’à 23 heures le soir et c’est permanent. C’est le supplice de la goutte d’eau, » confie-t-elle.
Réactions des clubs de padel
France Télévisions a poussé la porte de ce club de padel. Comme chaque soir après leur match, les joueurs se réhydratent, écoutent de la musique et se restaurent. Les gérants assurent qu’à 00h30, le bruit s’arrête. Pour répondre à la colère des riverains, ils annoncent la construction de murs antibruit.
« On le fait uniquement pour le voisinage, uniquement pour les nuisances qu’on ne nie pas. C’est tout. Mais ce n’était pas du tout prévu dans notre investissement de base, » explique Cécile Mayet, la cogérante du « Cercle du Padel » à Simiane-Collongue.
Mesures préventives ailleurs
D’autres clubs de padel ont déjà pris les devants pour éviter les plaintes. À La Seyne-sur-Mer (Var), des murs acoustiques de 2 à 4 mètres de haut entourent les courts, un investissement de 100.000 euros.
Rémі Tailliandier, installateur de murs acoustiques, fait le test pour prouver leur efficacité en étant placé sur le terrain.
« Ça peut aller entre 70, voire parfois 80 décibels. Si on ajoute des cris, ça peut même monter encore plus, » estime-t-il.
Derrière le mur, rempli de laine de roche, il place un isolant acoustique. La différence est très nette.
« Là, on n’entend quasiment plus le bruit des balles, on n’entend plus les voix non plus. On est aux alentours des 45 décibels, ce qui est le bruit résiduel quand il n’y a pas de nuisance sonore, » précise-t-il.
L’Agence régionale de santé s’est saisie de ces problèmes et recommande désormais de réaliser des études acoustiques avant la construction de nouveaux terrains de padel.