Suivant l’exemple des stars de la K-Pop qui se mettent volontiers en scène un livre à la main, les jeunes se sont remis à la lecture en Corée du Sud. Les sociologues y voient aussi un ras-le-bol du tout-numérique.
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La jeunesse coréenne redécouvre le plaisir de la lecture d’un livre papier et a même une expression pour cette nouvelle mode : on parle de « text hip », c’est-à-dire, en français, le « texte cool », ou « la tendance de l’écrit ». C’est le même « hip » que dans « hip hop » et cela a justement commencé avec des jeunes stars de la musique K-Pop.
Ces dernières ont en effet commencé à se mettre en scène sur leurs réseaux sociaux, ou dans des clips, avec des livres à la main, en train de lire tranquillement, presque à l’ancienne, entre deux concerts. Les fans ont ainsi découvert la chanteuse Minji du groupe NewJeans, absorbée par le livre L’âge de l’innocence d’Edith Wharton. Il y a aussi Jang Won-young du groupe IVE qui explique, en interview, que pour se détendre, elle lit des livres du philosophe allemand Arthur Schopenhauer. Et, bien sûr, l’immense star de BTS, RM, qui discute, lui, de ses recueils de poésie préférés.
C’est ainsi que la lecture des classiques est redevenue tendance chez beaucoup de jeunes dans le pays. Ils se prennent en photo chez eux ou dans les cafés avec des livres à la main. La lecture, c’est sexy. Ils se retrouvent toujours sur Instagram, mais dans un sous-groupe, Bookstagram, où ils se partagent des conseils de lecture.
Mode passagère ou phénomène de fond, il y a débat sur le sujet. Il y a effectivement un côté tendance, où les jeunes se mettent en scène sur les réseaux sociaux, avec un livre classique, comme ils pourraient s’afficher avec un vêtement de créateur ou un sac à la mode. Mais des sociologues coréens pensent que ce mouvement est un peu plus profond, que ce retour à la lecture est aussi une réaction au tout numérique. C’est comme une phase de désintoxication face aux écrans et à l’éphémère des réseaux.
Ce « text hip » ne se traduit pas pour autant par une explosion des ventes de livres dans le pays. En fait, c’est assez contrasté. Les taux de lecture augmentent chez les jeunes, notamment chez les jeunes adultes qui ont entre 19 et 29 ans. Le ministère de la Culture a fait une étude sur le sujet et a découvert que plus de 75 % de ces jeunes avaient lu des livres en 2025.
Par contre, chez les autres adultes, c’est toujours la chute libre. Ils lisent de moins en moins, avec un taux de lecture qui est tombé à 39 % l’an dernier. C’était encore 67 % dix ans plus tôt. Et donc, même si les jeunes Coréens se remettent à lire, leur engouement ne suffit pas, pour l’instant, à faire exploser les ventes de livres dans le pays ou à freiner les fermetures de librairies.