Polémique autour du livre de Thélyson Orélien : la possibilité de détecter lécriture dune






Article sur Thélyson Orélien

Par Jean Kedroff
Publié le 23/09/2026 à 11h11, mis à jour le 23/09/2026 à 11h53

Grasset, l’éditeur du roman, met en cause la fiabilité de l’outil de détection d’IA utilisé, et se demande si le fait que l’écrivain Thélyson Orélien soit « noir et haïtien » n’y serait pas pour quelque chose dans cette cabale.
Grasset, l’éditeur du roman, met en cause la fiabilité de l’outil de détection d’IA utilisé, et se demande si le fait que l’écrivain Thélyson Orélien soit « noir et haïtien » n’y serait pas pour quelque chose dans cette cabale.
Chekunov Alexandr / ADOBE STOCK

Alors que le roman C’était ça ou mourir, phénomène littéraire de la rentrée, est accusé d’avoir été rédigé par une intelligence artificielle, cette controverse pose une question aussi vertigineuse que difficile à trancher, estiment les experts.

« Phénomène littéraire de l’année » pour la Fnac, « sensation de la rentrée » pour Livres Hebdo, un roman « puissant » pour Le Monde. Lundi 21 septembre, la presse et la critique littéraire française étaient presque unanimes : Thélyson Orélien, écrivain québécois d’origine haïtienne jusque-là inconnu du grand public, vient de signer avec C’était ça ou mourir un petit chef-d’œuvre en langue française. Tout juste couronné du Prix du Roman Fnac et présent dans les premières sélections du Goncourt, du Renaudot, du Femina et du Médicis, le roman a connu le même triomphe au Québec, où il s’est imposé en mars comme le plus grand succès des Éditions du Boréal depuis plus de 60 ans.

Mais depuis ce mardi, une polémique enfle sur les réseaux sociaux. Quelques heures après l’annonce de la sélection du roman de Thélyson Orélien au Prix du Roman Fnac, un compte X nommé « Balance ton Claude », comptant quelques milliers de followers, publie un post qui fait l’effet d’un séisme dans le monde littéraire : C’était ça ou mourir, assure cet utilisateur anonyme, aurait « presque intégralement » été rédigé par une intelligence artificielle (IA). En guise de preuve, le compte s’appuie sur les résultats de Pangram, un détecteur d’IA développé par une start-up américaine, dont le taux d’erreur ne serait que de « 0,0041 %, soit environ un texte humain sur 24.400 », toujours selon cet utilisateur anonyme. « Fake news », balaie de son côté Grasset, l’éditeur du roman, qui met en cause la fiabilité de l’outil, et se demande même si le fait que Thélyson Orélien soit « noir et haïtien » n’y serait pas pour quelque chose dans cette cabale.

Des précédents instructifs

L’affaire Thélyson Orélien, qui doit encore être élucidée, pose une question de fond : peut-on réellement détecter si un texte est l’œuvre d’un humain ou le produit d’une IA ?

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