Un vestiaire très beau et très soir chez Schiaparelli, une silhouette forte et cool chez Miu Miu, de la soie et des paillettes chez Valentino… Une énergie festive et libératrice infuse les collections été 2027.
Schiaparelli : L’art de la mise en scène
Jeudi, à l’entrée du jardin des Tuileries côté pyramides, la foule est semoncée par la police qui, après cinq jours de collections parisiennes, est visiblement lassée des « fashion », terme viral depuis la vidéo d’un automobiliste excédé pour désigner les créatures en tout genre qui bloquent la circulation aux abords des défilés.
C’est tout un art de mettre en scène l’arrivée des célébrités. Comme en témoigne la haie d’honneur accueillant les rappeurs, pop stars et autres influenceurs avant qu’ils ne s’engouffrent dans le carrousel du Louvre pour rejoindre le speakeasy Schiaparelli.
Ambiance nocturne et lustres dorés, petites tables rondes de café parisien, clientes botoxées moulées dans les bustiers maison, coupe de champagne à la main… Le spectacle est dans la salle. Beaucoup n’ont d’yeux que pour Law Roach, le puissant styliste (architecte de l’image comme il aime à se qualifier) de Zendaya et Céline Dion.
Depuis l’arrivée de Daniel Roseberry, la marque « Schiap » est devenue une habituée des tapis rouges et sa haute couture s’est imposée dans le calendrier parisien. En revanche, il rencontrait plus de difficultés à créer un véritable prêt-à-porter dans un marché déjà saturé.

Mais aujourd’hui, il semble avoir trouvé la clé en déclinant ses silhouettes couture emblématiques en « des hauts et des bas » avec cette approche très américaine du look qui laisse à la cliente la liberté de mélanger les pièces et les styles. Dans cette même logique de lui faciliter la vie, le designer limite sa palette au noir, à l’ivoire et au jaune beurre.
« Cette garde-robe modulaire possède tout le punch et le caractère graphique de la haute couture, mais avec un esprit de décontraction plus généreux et libérateur », dit-il dans sa note d’intention. Sans tomber dans le jean et le col rond, Roseberry redéfinit la petite robe noire (à basques et au col décolleté des épaules), et la veste de soirée (en cady écru à broderies anglaises).

Très beau, très soir, le top en crêpe noir est ajouré sur le ventre et retenu par deux bijoux dorés entre les clavicules et sous le nombril. La robe en maille côtelée reprend le principe d’un maillot de bain deux pièces dont la brassière et la jupe sont liées avec un cercle d’or martelé. Elle est d’autant plus désirable qu’elle est portée par Amelia Gray, la socialite et mannequin californien adoré de la Gen Z.
Miu Miu : Une vision audacieuse

Le casting est à l’autre bout du spectre chez Miu Miu, ce dimanche, au Palais d’Iéna, essentiellement composé de « new faces » (nouveaux visages) qui challengent l’idée même du « mannequin » standard. Beaucoup ont des corps d’athlètes, des physiques ordinaires, et une démarche atypique pour un podium de défilé, ce qui les rend fascinants à regarder.
Ils introduisent une variété par leur manière de s’approprier des looks délibérément répétitifs, selon la volonté de Miuccia Prada aimant travailler, chaque saison, autour d’une silhouette forte et d’une poignée de vêtements distinctifs. Une démarche rappelant celle d’un adolescent devant son dressing qui va combiner ses quelques vêtements préférés, une veste de sport, une trouvaille vintage, un jean personnalisé…
Ce printemps-été 2027 se concentre en une silhouette (pour elle et lui), mixant maillot Néoprène (coupé sous les seins pour la femme), jupe à plis creux ou pantalon de ville, taillé dans des étoffes de costume, slip de bain néovintage dépassant de la ceinture façon élastique des Calvin Klein fétiches des teenagers.
Le tout avec quelques variations – la veste d’homme sur pantalon de survêtement rétro – et quelques pièces collector, comme le jean cosigné avec Wrangler dont la fermeture Éclair a été remplacée par des lacets, et la basket de course New Balance revue et corrigée aux couleurs de Miu Miu.

Les pièces en cuir sont particulièrement réussies comme cette surjupe ceinturée par-dessus un minishort de bain seventies assortie à un petit gilet court. Et ce tailleur-jupe en veau lustré porté par la superbe actrice Olivia Colman, souveraine sur le runway avec son visage naturel et ses cheveux poivre et sel.
« Le concept consistant à mêler des éléments sportifs à la sophistication est quelque chose qui a toujours influencé mon travail. Mais je n’ai jamais été aussi précise, et n’avais jamais poussé ce concept aussi loin », confirme Miuccia Prada dans un mail envoyé par la marque.
Valentino : Une célébration audacieuse

Alessandro Michele sort saluer à la fin du défilé
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