Pékin mise sur les divisions au sein des Vingt-Sept pour prévenir un raidissement d’un marché essentiel à ses exportations. La Chine appelle au « dialogue » à l’heure de la visite de Maros Sefcovic, commissaire au Commerce, à Pékin.

Maros Sefcovic est prévenu. Avant même son atterrissage à Pékin, la Chine a lancé une ultime mise en garde au commissaire européen au Commerce, en mission de la dernière chance pour prévenir une guerre commerciale avec la deuxième puissance mondiale, ces 7 et 8 octobre. Le ministère du Commerce a dégainé, le 3 octobre, une enquête antidumping sur les importations venant d’Europe de paranitrotoluène, un produit chimique accusé d’inonder le marché chinois à des prix cassés et de lui porter préjudice.
Avec, à la clé, de possibles mesures de rétorsion ciblant l’industrie chimique européenne, dont l’Allemagne est la locomotive. Un « avertissement politique pour dissuader l’Europe », juge Laurent Malvezin, chercheur à l’Institut Thomas More, en brandissant l’étendard du libre-échange tout en attisant les divisions intra-européennes. L’idée étant en particulier de presser Berlin, longtemps réticente à l’escalade.
Ceci est un avant-goût des représailles que le régime communiste pourrait envisager.