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Jean-Luc Crétier et ses souvenirs olympiques

Le skieur Jean-Luc Crétier, l’un des cinq champions olympiques français de la descente, se confie à Franceinfo sur sa médaille d’or, décrochée en 1998 à Nagano, alors que se profilent les Jeux de Milan-Cortina 2026.

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Temps de lecture : 4 min

Jean-Luc Crétier et sa médaille d'or olympique de la descente décrochée aux Jeux de Nagano, en février 1998. (STEPHANE RUET / SYGMA VIA GETTY IMAGES)
Jean-Luc Crétier et sa médaille d’or olympique de la descente décrochée aux Jeux de Nagano, en février 1998. (STEPHANE RUET / SYGMA VIA GETTY IMAGES)

C’est « le » premier grand rendez-vous des Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina : la descente masculine, l’épreuve reine du ski alpin, l’équivalent du 100 m en athlétisme. Cinq Français depuis la création des Jeux d’Hiver en 1924 à Chamonix ont été champions olympiques de descente. Parmi eux, Jean-Luc Crétier, sacré à la surprise générale en 1998 à Nagano, au Japon, trente ans après Jean-Claude Killy. C’est le seul titre qu’il a remporté durant toute sa carrière. Jean-Luc Crétier n’a rien oublié de ce vendredi 13 février 1998.

Souvenirs mémorables

Franceinfo : Vous vous souvenez encore précisément de ce vendredi 13 février 1998 ?

Jean-Luc Crétier : J’ai tout en tête. Je pense que ça va me suivre jusqu’à la fin de mes jours parce que c’est un événement tellement important ! C’est comme la naissance d’un enfant, ça reste gravé à vie.

On vous en parle encore ?

Bien sûr !

Tous les jours ?

Pas plus tard qu’hier. C’est la magie olympique, tout simplement.

La pression des Olympiques

Cette descente de Nagano, vous l’aviez parfaitement gérée et maîtrisée, contrairement à d’autres, notamment Hermann Maier dont on se souvient de la chute. Selon vous, c’est aussi ça, votre réussite, ce jour-là ?

On dit souvent que les descendeurs, quand ils sont derrière le portillon, déconnectent le cerveau. Ce jour-là, j’ai prouvé que je savais utiliser ma tête et, grâce à ça, j’ai réussi à aller le plus vite possible en bas. Il y a eu 19 chutes sur les 47 coureurs au départ. On peut attribuer ma victoire à l’utilisation de mon cerveau, ainsi qu’aux trois podiums sur cinq courses que j’avais faits juste avant d’aller à Nagano.

Mais vous n’aviez jamais remporté d’autres courses avant, et vous n’en avez pas remporté après. Un seul titre, c’est le titre olympique. Pourquoi ce jour-là ?

C’était mes quatrièmes Jeux Olympiques. J’avais un enfant de neuf ans, une autre vie en parallèle. Les résultats de début de saison me faisaient partir à Nagano avec l’ambition de faire une médaille. Je ne savais pas de quelle couleur elle allait être, mais j’ai ramené la plus belle. Tant mieux pour la France qui attendait ça depuis trente ans.

Un changement de statut

Oui, depuis Jean-Claude Killy en 1968.

Tout à fait.

Votre vie a changé à partir de ce moment-là ?

Bien sûr. Un événement comme un titre olympique change complètement votre statut. En changeant de statut, vous changez forcément de vie, par les sollicitations et par ce que vous représentez aux yeux de tous.

La pression des Jeux

Y a-t-il une pression différente pour une descente olympique ? Ou, pour vous descendeurs, est-ce finalement une course comme les autres ?

Je répondrai plus globalement : il y a toujours une pression différente à partir du moment où ce sont les Jeux Olympiques, que ce soit en descente, en slalom, en géant, ou dans d’autres disciplines, même aux Jeux d’été. Pourquoi ? Parce que vous êtes là pour représenter un pays. Vous sortez du contexte de la saison régulière où, si vous vous loupez une semaine, vous savez que vous pourrez faire mieux la suivante. Pour une descente olympique, si vous vous loupez le jour J, il faut attendre quatre ans. Ce délai, combiné au fait de représenter une nation, crée une pression permanente, quelles que soient les phases de la journée. C’est un stress constant.

Les favoris pour 2026

Votre favori pour cette descente olympique ?

De par la configuration de la piste et la difficulté, je pense qu’un Marco Odermatt a de grandes chances de gagner.

Et côté français ? Peut-il y avoir une surprise ? Vous êtes la preuve vivante que c’est possible.

Côté français, je vois bien deux personnes. Ils s’appellent tous les deux Nils…

…Nils Allègre et Nils Alphand.

Exactement ! Ils peuvent tous les deux monter sur le podium par rapport à ce qu’ils ont prouvé depuis le début de saison, voire aller chercher un titre olympique.



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