Le président de CCI France a évoqué le climat de tension constaté auprès des commerçants, dont certains sont prêts à en découdre après les violences survenues le 17 octobre 2026. Ce sentiment d’inquiétude a été particulièrement amplifié par les vandalisations massives dont ils ont été victimes.
Le président du réseau des chambres de commerce et d’industrie (CCI France), Alain Di Crescenzo, a appelé ce vendredi 23 octobre les commerçants à «tirer le rideau» et à «laisser faire la police» en prévision des nouvelles manifestations programmées samedi. Lors d’une interview sur Europe 1, il a précisé qu’au dernier décompte finalisé jeudi soir, CCI France avait recensé 2.241 commerces «vandalisés» lors de la journée du 17 octobre, sans exclure que d’autres aient pu être saccagés à la marge, pour des dégâts estimés à «des centaines de millions d’euros».
Le climat reste «pas du tout rassurant» à l’approche des futures manifestations, avec des craintes croissantes de violences. Alain Di Crescenzo a lancé un appel au calme, conscient que nombre de commerçants ressentent «une envie d’en découdre après les dégâts et les pillages du week-end dernier». Il a exhorté ceux dont les locaux se situent à proximité des parcours des manifestations à «tirer le rideau samedi» et à «laisser faire la police».
Les risques encourus par les commerçants
«On n’est pas là pour le maintien de l’ordre public», a insisté le président de CCI France, craignant des «actes complètement fous qui viseraient à faire soi-même sa sécurité». Il a rapporté avoir vu des objets dangereux, comme des battes de baseball, des barres à mine, et même des fusils de chasse, ajoutant qu’il ne pensait pas que ce soit que des balles en caoutchouc.
D’après les remontées des cellules psychologiques déployées dans les CCI, les commerçants «sont trop fatigués, trop énervés» pour envisager de prendre les choses en main, a-t-il déclaré. «Ce n’est pas aux commerçants de faire ça», a plaidé Alain Di Crescenzo.
Il a également exprimé son regret que les commerçants soient contraints de faire appel à des sociétés de sécurité privée, mais a affirmé qu’«tant qu’on a les moyens, on sera en soutien». CCI France avait financé jusqu’à 200 vigiles le week-end précédent, en accord avec les préfectures. À Paris, où un seul cortège a été autorisé samedi entre Bastille et Nation, le préfet de police a recommandé aux commerçants de recourir à la sécurité privée «s’ils le peuvent».