Direction le Sud-Ouest, la terre d’élevage par excellence des oies grasses. Après 25 ans d’attente, les producteurs peuvent crier victoire : ils viennent de décrocher trois IGP, le précieux label d’Indication Géographique Protégée, qui garantit une production artisanale et donc française. Elles portent sur le foie gras, le confit et la viande d’oie, ce qui ravit les éleveurs, comme à Sorges, en Dordogne.
Un savoir-faire traditionnel
Des oies en liberté qui gambadent au milieu des noyers du Périgord, l’image typique du Sud-Ouest, d’un savoir-faire transmis chez un éleveur depuis trois générations. « L’élevage de l’oie, c’est une passion. Totalement. Aujourd’hui, dans le Sud-Ouest, on est encore peut-être une centaine d’éleveurs, mais on est vraiment passionnés par ça. Et il y a l’amour de l’animal qui est magnifique, qui est noble, qui est très agréable à élever », souligne Albin Meynard, éleveur producteur à la « Ferme Andrevias », à Sorges (Dordogne).
Un processus artisanal et éthique
Un animal plus technique à élever que le canard, mais qui a désormais ses lettres de noblesse avec une IGP, Indication Géographique Protégée, qui garantit un processus. Ici, les poussins sont couvés à la ferme au chaud, puis élevés en plein air, nourris sans OGM, avant d’être engraissés pour être cuisinés sur place. Le tout selon un cahier des charges strict imposé par l’Europe.
Concurrence et satisfaction des consommateurs
« Aujourd’hui, vous avez la Chine qui commence à produire énormément et tous les pays de l’Est, d’Europe de l’Est. Et donc, face à cette concurrence, où il n’y a pas les mêmes règles sanitaires, les mêmes règles d’élevage, quand on est sur la ferme, on est sûr de comment ça se passe, d’avoir un produit authentique à la fin quand on le cuisine », pointe Albin Meynard.
Désormais, le confit, le foie gras et l’oie du Sud-Ouest sont protégés par ce label. Un gage de qualité, qui permet aussi de défendre une filière car le canard représente 98 % du marché. L’oie, plus chère, pourrait séduire de nouveaux consommateurs. « C’est vrai que le foie gras d’oie est peut-être un petit peu moins connu et donc ça permettra peut-être de le faire connaître un peu plus en France et pour les gourmands, comme nous », commentait une passante en octobre, dans les rues de Sarlat, en Dordogne. « Il y a des méthodes de fabrication, de tradition. Tout ce qui est AOP et IGP, on regarde », confirmait un autre riverain. « Ça garantit à ces gens d’avoir un label qui justifie des prix, qui justifie qu’on y prête attention autrement », ajoutait une femme.
Une production insuffisante face à la demande
Car la France importe 225 tonnes de foie gras d’oie de l’étranger. Elle en produit 50 tonnes, quatre fois moins, pour une centaine d’éleveurs dans le Sud-Ouest.