Le président de la République Emmanuel Macron s’est rendu à la rencontre d’agriculteurs ce mardi 3 février 2026. Il a visité une exploitation à Vallerois-le-Bois, en Haute-Saône, à quelques jours du salon international de l’agriculture à Paris. Ce déplacement s’inscrit dans une série d’initiatives visant à écouter et à dialoguer avec le monde agricole, particulièrement en période de tensions due à la crise de la dermatose nodulaire contagieuse et à l’accord commercial entre l’Union Européenne et le Mercosur.
Au cœur d’un GAEC tenu par deux frères
Arrivé vers 10h40, sans ses lunettes à la mode, Emmanuel Macron a été accueilli par des agriculteurs et des élus de la région, dont le maire de Vallerois-le-Bois ainsi que des députés et le président de la région Bourgogne-Franche-Comté. Il a pris le temps d’échanger avec les éleveurs du Gaec du Printemps, Cédric et Raphaël Py, installés là depuis 19 ans et gérant 200 têtes de bétail.
« Le mois de janvier s’est cassé la binette », a déploré Cédric Py, chef d’exploitation, soulignant la fragilité de la filière laitière face à Lactalis qui a réduit le nombre de producteurs dans la région. Malgré ses inquiétudes quant à l’avenir de leur production, il se sent en partie rassuré grâce à l’IGP cancoillotte, qui protège leur produit.
Ce fut également l’occasion pour Cédric de faire part de ses préoccupations concernant la situation du monde agricole, indiquant à Emmanuel Macron que « le monde paysan ne va pas très bien, et que la situation n’est pas facile ». Au cours des discussions, le président a reconnu que l’agriculture française doit faire face à des défis divers, entre les pressions des marchés mondiaux et les réalités locales comme les aléas climatiques.
Un appel à la souveraineté agricole
À la suite de cette rencontre, Macron a été clair sur les priorités qu’il souhaite défendre. Il a insisté sur la nécessité de « produire davantage en France », un appel qu’il considère comme essentiel pour l’économie locale et la souveraineté alimentaire du pays. Il a également souligné l’importance de mieux réguler les normes imposées aux producteurs, en tenant compte des attentes vis-à-vis des importations en provenance de l’Union Européenne, plaidant pour un contrôle renforcé aux frontières plutôt que sur le terrain.
Discussion sur l’utilisation des réseaux sociaux avec les lycéens
Après sa visite aux agriculteurs, Emmanuel Macron s’est rendu au lycée des Haberges à Vesoul où il a échangé avec des élèves sur les réseaux sociaux, particulièrement en lien avec le projet de loi visant à interdire leur usage aux moins de 15 ans, actuellement en discussion à l’Assemblée nationale. Le président a pris le temps de déjeuner avec eux, abordant des thématiques contemporaines qui préoccupent les jeunes.
Cette initiative a toutefois suscité des critiques, notamment de la part du syndicat FSU qui juge le projet de loi décalé par rapport aux réelles préoccupations des jeunes de plus de 15 ans en matière d’éducation et d’emploi. Le syndicat a rappelé le contexte difficile dans lequel se trouvent les jeunes, et évoqué la responsabilité passée de Macron dans le développement des plateformes numériques.
En somme, la visite d’Emmanuel Macron reflète un engagement continu avec le monde rural, une nécessité d’adaptation face aux crises, tout en inscrivant cette démarche dans un cadre plus large de promotion de la souveraineté alimentaire et d’une régulation équilibrée des systèmes économiques et sociaux.