Lait infantile contaminé : de plus en plus de rappels suscitent langoisse des parents après la






Santé des Nourrissons : Crise des Laits Infantiles en France

Alors que trois groupes industriels ont vu leurs marques de lait infantile déclarées impropres à la consommation suite à des soupçons de contamination, les parents de nourrissons craignent le pire. Si les professionnels de santé se veulent rassurants, d’autres dénoncent de gros manquements.

Une Psychose Grandissante

Depuis quelques semaines, une psychose s’installe chez les parents de nourrissons. Plusieurs marques de lait infantile ont rappelé certains lots, en cause, la présence d’acide arachidonique, une bactérie provoquant des vomissements. Après le décès récent de deux nourrissons à Angers et Bordeaux, deux enquêtes pénales ont été ouvertes, sans que le lien avec le lait infantile ait été établi.

Malgré les nombreux retraits, il reste des laits infantiles sans risques, assurent les professionnels de santé.
Malgré les nombreux retraits, il reste des laits infantiles sans risques, assurent les professionnels de santé. © Mathieu Maillet – France Télévisions

« C’est angoissant, ce sont des petits êtres fragiles, on n’a pas envie qu’il arrive quoi que ce soit, surtout quand on lit l’actualité et qu’on voit qu’il y a eu quelques cas assez dramatiques », réagit Lise Blanchard, maman d’un bébé de trois mois. Bien qu’elle ait trouvé un lait ne contenant pas la substance mise en cause, la peur subsiste.

« De jour en jour, il y a de plus en plus de laits qui sont appelés à ne pas être utilisés », craint la mère de famille, résidente à L’Houmeau, en Charente-Maritime. Pour nourrir son bébé, elle a changé trois fois de marque de lait, mais à chaque fois, elle a reçu l’interdiction de s’en servir. Après les laits de la marque Nestlé, ceux de Lactalis et Danone ont également été rappelés en raison des soupçons de contamination. Les soupçons se portent à présent sur un fournisseur commun chinois. L’acide arachidonique ayant très peu de fabricants dans le monde, de nombreuses marques s’approvisionnent chez les mêmes.

Si elle a trouvé un lait infantile sans la bactérie soupçonnée d'être responsable des contaminations, Lise Blanchard, maman d'un bébé de trois mois, reste sur ses gardes.
Si elle a trouvé un lait infantile sans la bactérie soupçonnée d’être responsable des contaminations, Lise Blanchard, maman d’un bébé de trois mois, reste sur ses gardes. © Mathieu Maillet – France Télévisions

La peur gagne à présent les familles qui possèdent un enfant en bas âge. « J’étais un peu prise au dépourvu avec mon conjoint pour savoir quel lait utiliser en fonction de cette bactérie », se souvient Lise Blanchard.

Réaction des Professionnels de Santé

À Poitiers, le pharmacien Jacques Chasseriau se montre rassurant. Selon lui, les contrôles et le système sanitaire français sont performants. « Si des symptômes apparaissent, ce n’est pas grave, assure-t-il. Il faut juste éloigner le lait immédiatement et on n’en reprend pas. C’est l’accumulation des prises qui va provoquer éventuellement un tableau grave. »

Il y a eu un laps de temps qui s’est passé entre les alertes et les retraits, qui n’est pas acceptable.

Quentin Guillemain, Président de l’association pour la santé des enfants

Malgré de nombreux rappels, il reste « plein de laits fiables », selon le pharmacien. « Les marques concernées sont très connues, donc on a une impression de masse, mais il y a encore tout un tas de marques qui ne sont pas concernées. Nous sommes loin de la pénurie », promet-il.

Mais en dépit des discours rassurants, certains ne décolèrent pas. C’est le cas de Quentin Guillemain, président de l’association pour la santé des enfants. En 2017, son enfant a été contaminé à cause de la salmonelle présente dans le lait. Il dénonce encore aujourd’hui des dysfonctionnements. « Tous ces produits devraient être testés en arrivant avant d’être intégrés à des laits destinés à des nourrissons. Et donc là, il y a un manquement majeur », dénonce-t-il.

Le président de l'association pour la santé des enfants, Quentin Guillemain, dénonce un laps de temps trop long entre les alertes données et les retraits des laits soupçonnés.
Le président de l’association pour la santé des enfants, Quentin Guillemain, dénonce un laps de temps trop long entre les alertes données et les retraits des laits soupçonnés. © Mathieu Maillet – France Télévisions

Plus encore, il déplore une certaine lenteur qui, selon lui, a entraîné des drames. « Nous avons eu une alerte qui a été donnée mi-décembre, se souvient Quentin Guillemain. Les retraits ont lieu mi-janvier ! Donc là, il y a eu un laps de temps qui s’est passé entre les deux, qui n’est pas acceptable. » Il envisage, avec son association, de porter plainte contre les différents industriels, mais également de porter recours auprès de l’État.

Si de nombreux cas devraient se régler devant la justice, parfois les preuves viennent à manquer. « On a un vrai problème de préservation des preuves puisque si l’on dit aux gens de jeter les produits qu’ils ont en leur possession, on ne pourra plus les analyser », regrette l’avocate spécialiste de la sécurité alimentaire, Nathalie Goutaland, au micro de France Info. Elle insiste auprès de tous les parents : « Conservez les laits quand les enfants ont eu des symptômes, ne les jetez pas ! Et surtout ne les remettez à quiconque d’autre que les autorités ! »



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