Alors que la marche en hommage à Quentin Deranque a lieu ce samedi 21 février dans les rues de Lyon, rassemblant plus de 3.200 personnes selon la préfecture, un portrait géant du militant identitaire a été affiché sur la façade de l’hôtel de région Auvergne-Rhône-Alpes.
Ce rassemblement fait suite au décès du militant identitaire âgé de 23 ans, mort après avoir été frappé au sol par des militants antifascistes lors d’un affrontement entre les militants de groupuscules d’ultradroite et d’ultragauche, le 12 février dernier, en marge d’une conférence de l’eurodéputée insoumise Rima Hassan. Une heure avant le début de la marche, une messe d’hommage s’est tenue à 14 heures dans l’église traditionnaliste Saint-Georges, dans le 5ème arrondissement, lieu fréquenté par Quentin Deranque.
Les participants à la marche se sont d’abord rassemblés sur la place Jean-Jaurès, affirment les journalistes de France 3 Rhône-Alpes présents sur place. Ils sont plusieurs centaines et ont pour consigne de ne pas parler à la presse. La plupart des manifestants sont vêtus de noir et portent des masques chirurgicaux ou des casquettes.
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Parmi les manifestants, on retrouve les membres du collectif identitaire Némésis et sa présidente, Alice Cordier. Selon cette dernière, Quentin Deranque était censé « assurer la sécurité » de militantes du collectif le soir de la rixe où il a été mortellement battu, « avec une quinzaine de jeunes hommes ».
Avant que le cortège ne s’élance, l’organisatrice de la marche, Aliette Espieux, a pris la parole pour rappeler les consignes. « Tout symbole d’appartenance politique n’est pas autorisé », a-t-elle martelé depuis un char où une gerbe de fleurs « Pour Quentin – les camarades » a été disposée. Aliette Espieux est une militante anti-avortement proche des milieux d’extrême droite et d’ultradroite. De nombreuses personnes apparaissent visage dissimulé, ce qui est illégal.
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La marche a ensuite débuté peu après 16 heures. Derrière une banderole où est écrit « Justice pour Quentin », des manifestants scandent « Justice pour Quentin » mais aussi « LFI assassins » et « Jeune Garde en prison, libérez la ville de Lyon ». Le long du parcours, des habitants lancent des slogans antifascistes en croisant le cortège, mais il n’y a pas de présence de militants d’ultragauche.
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Les manifestants scandent des slogans anti-antifascistes lors de la marche en hommage à Quentin Deranque. • ©FTV
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Quelques habitants scandent des slogans antifascistes sur le passage du cortège de la marche pour Quentin Deranque. • ©FTV
Les journalistes « non-accrédités » sont minutieusement écartés par un service d’ordre improvisé par les organisateurs. Parmi les membres de la sécurité, Marc de Caqueray-Valmenier, ex-dirigeant du groupuscule Zouave Paris désormais dissous, est en tête de cortège. Figure de l’ultradroite, il a été condamné ce jeudi 19 février dernier à un an de prison pour des violences sur des militants de SOS Racisme. Autre leader de l’ultradroite présent dans le défilé : Yvan Benedetti, ancien président du mouvement pétainiste L’Œuvre française dissous en 2013.
Le cortège est passé par les rues Pré-Gaudry, Crépét, et le boulevard Yves Farge, avant d’arriver rue Victor Lagrange, lieu où Quentin Deranque a été battu à mort. Au fur et à mesure que le cortège approche de la rue, les tensions montent entre le service d’ordre et les journalistes présents. La préfecture a dû rappeler à l’ordre les organisateurs de la manifestation sur ce point.
La famille de Quentin Deranque ne participe pas à la marche d’hommage et avait demandé aux organisateurs que « la marche revête un caractère pacifique et ne donne lieu à aucune expression politique », par la voix de leur avocat.
La mort de Quentin Deranque a provoqué une importante secousse politique et une forte médiatisation. La préfecture du Rhône prévoit un « dispositif de sécurité renforcé et appelle au calme ».
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« Je ne veux pas que Lyon soit la capitale de l’ultradroite, à aucun moment », a déclaré de son côté Grégory Doucet ce samedi.
C’est dans ce contexte très tendu qu’un large portrait géant en noir et blanc du militant identitaire Quentin Deranque a été affiché ce samedi 21 février sur la façade de l’hôtel de Région à Lyon.
Nous avons pris la décision avec Laurent Wauquiez de rendre hommage à Quentin Deranque.
« La Région se trouve à quelques centaines de mètres à vol d’oiseau de l’endroit où il a été sauvagement lynché par des militants d’extrême gauche. Nous ne fermerons jamais les yeux sur cette violence, mais l’heure est au recueillement, viendra le temps de la justice et des explications. C’est une tragédie humaine, je pense surtout à sa famille, ses proches, ses amis qui sont aujourd’hui en deuil », a expliqué Fabrice Pannekoucke, président (LR) de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, auprès de France 3 Rhône-Alpes.