En France, près d’un million de personnes majeures bénéficient d’une protection juridique. Tutelle, curatelle : quelles réalités recouvrent ces mots ? Bien souvent, des idées reçues persistent, alors que ces mesures permettent d’améliorer la vie des personnes vulnérables. Rencontre avec Sarah, qui a été sauvée, dit-elle, par cette procédure.
La Vie de Sarah sous Curatelle
Sarah est sous curatelle depuis 23 ans. Elle a la capacité de retirer son argent à la banque, n’a besoin de personne pour faire ses courses et finance même sa passion pour les poupées qui ornent son appartement. Cependant, elle confie à Hélène Auvré, sa mandataire, une partie de ses démarches administratives. Ce matin-là, Hélène se rend chez Sarah pour l’aider avec ses papiers. Sarah se réjouit d’être désormais capable de réaliser certaines démarches par elle-même. « Je me suis débrouillée toute seule ! » s’exclame-t-elle, à quoi Hélène répond : « Quelle évolution, Sarah.”
Au long de ces vingt dernières années, Sarah a beaucoup changé. En difficulté, souvent à découvert, elle avait elle-même demandé à être placée sous protection juridique, comme le sont près d’un million de Français.
Sans curatelle, je serais à la rue. J’avais un revenu, je payais les factures, mais j’avais du mal à gérer l’argent.
Une personne bénéficiant d’une curatelle est autonome dans sa vie quotidienne, mais doit être accompagnée pour des actes ou des moments importants. Ces bénéficiaires sont souvent des personnes souffrant de troubles psychiatriques, comme c’est le cas de Sarah, qui a su s’adapter à sa situation. « J’ai 220 euros tous les 15 jours, et j’ai commencé par 50 euros tout au début avec Mme Auvré justement« , explique-t-elle.
La Nécessité de la Curatelle
La mesure de curatelle est la plus souvent prononcée par les tribunaux. Hélène Auvré, mandataire judiciaire à la protection des majeurs à l’UDAF 76, explique : « Ce sont des personnes qui ont des difficultés à faire leurs démarches administratives et de gestion financière et patrimoniale. » Il existe également une autre mesure, la tutelle, qui est moins souple que la curatelle. Elle concerne des personnes qui ne peuvent pas effectuer des actes de la vie civile et veiller sur leurs intérêts, et un tuteur est alors désigné par le juge des tutelles.
Tutelle ou curatelle, ces accompagnements permettent de conserver ses repères, de sortir de la pauvreté ou d’éviter de sombrer.
Le grand public a l’image d’une personne gérant des documents et de l’argent derrière son ordinateur. Mais c’est surtout une relation très humaine, où l’on est au cœur du quotidien des personnes. Le but n’est pas de normaliser leurs vies, mais de les aider à prendre la meilleure décision pour eux.
Vers un Avenir Sécurisé
Le métier de mandataire devrait prendre de plus en plus d’importance à l’avenir. Ces mesures de protection pourraient même doubler d’ici 2040 avec le vieillissement de la population. Pour Sarah, elle envisage aujourd’hui de déménager, car elle peut dorénavant envisager l’avenir sereinement. Elle est « plus zen« , conclut-elle dans un éclat de rire.