Le drame de Crans-Montana a coûté la vie à 40 personnes. Une centaine d’autres sont grièvement blessées, et de nombreux grands brûlés sont à déplorer. Quelles étapes médicales attendent ces victimes ? Comment vivre leur reconstruction ? Les explications de Laurent Gaudin, président de l’association « Burns and Smiles », lui-même grand brûlé.
Un parcours de reconstruction douloureux
Depuis l’âge de 4 ans, Laurent Gaudin vit avec un corps brûlé à 60 %. Il connaît parfaitement les étapes des soins, ainsi que celles de la reconstruction physique et psychologique. Près de 15 jours après l’incendie du bar « La Constellation » à Crans-Montana, qui a coûté la vie à 40 personnes et a causé de nombreuses victimes grièvement brûlées, il dresse un tableau des défis qui attendent ces personnes.
Laurent Gaudin affirme : « Si vous interrogez un grand brûlé, il vous dira qu’il est resté à l’hôpital plusieurs mois la première fois, et que par la suite, c’est un parcours de soins qui s’étale sur plusieurs années, très douloureux. La brûlure est douloureuse, mais le soin l’est aussi. On vous fait prendre des bains pour frotter vos cicatrices et tout désinfecter, et c’est très difficile, c’est chaque jour pendant des jours. »
Les étapes des soins
Pour une victime, selon la gravité des brûlures, il y a une première étape en réanimation pour sauver la vie si son pronostic vital est engagé. Ensuite, les soins se concentrent sur la stabilisation des cicatrices, avec des greffes de peau pour que la peau puisse se reconstituer. Enfin, on passe à une étape d’amélioration de la cicatrice, qui peut inclure la chirurgie esthétique et des cures thermales pour affiner et rendre la cicatrice plus belle.
Accompagnement psychologique essentiel
Laurent Gaudin souligne également l’importance d’un accompagnement psychologique. « Maintenant, il y a un vrai soutien avec un psychologue qui aide la victime, notamment pour l’accompagner dans la découverte de son nouveau corps. C’est très violent la première fois qu’on se voit dans un miroir avec ses cicatrices. Cela doit être fait avec délicatesse, il ne faut pas bousculer le processus. Les psychologues jouent un rôle essentiel durant cette étape. »
Le pouvoir de la communauté
À ceux qui ont soutenu les victimes, Laurent Gaudin propose un conseil des plus importants : « Une fois que la victime sera rétablie et en mesure d’analyser sa situation, il est crucial de se rapprocher d’autres victimes, des personnes qui ont déjà été brûlées depuis quelques années et qui ont traversé tout le parcours. Entre grands brûlés, nous nous comprenons, et cela permet de visualiser les possibilités futures et d’éviter de rester isolé dans sa douleur. »
Propos recueillis par Julie Jacquard.