Pendant longtemps, les prises de position de l’administration Trump sur le Groenland n’ont pas été prises au sérieux. Cependant, les dernières déclarations du Président et de ses conseillers, peu après l’intervention militaire américaine au Venezuela, inquiètent désormais le Congrès.
L’OTAN comme priorité pour les élus
Pour beaucoup d’élus, l’OTAN reste une alliance essentielle pour la politique étrangère américaine et les États-Unis ne peuvent pas défier ainsi un allié, un ami, comme le Danemark. Naturellement, les Démocrates sont nombreux à exprimer cette opinion.
Les républicains s’expriment
Mais les Républicains aussi sortent de leur silence : Thom Tillis, élu de Caroline du Nord, a ainsi pris la parole, mercredi 14 janvier, au Sénat et juge que « l’idée que les États-Unis soient prêts à prendre le contrôle du Groenland, un territoire indépendant du royaume du Danemark, est absurde ». Selon le Républicain, « quelqu’un doit dire au président que le peuple du Groenland a été jusqu’ici très pro-américain. Donc on a la capacité de projeter nos forces au Groenland et il n’est pas nécessaire de remettre en question l’OTAN, de dissoudre une alliance de 75 ans », a-t-il martelé.
Une mission pour rassurer le Danemark
Thom Tillis doit partir, vendredi 16 janvier, au Danemark avec une autre sénatrice républicaine, Lisa Murkowski, et des élus démocrates, pour rassurer le Premier ministre et le gouvernement danois et leur garantir que le Congrès ne soutiendra jamais un recours à la force.
Consultation du Congrès et projets de loi en cours
Pour toute déclaration de guerre, le Congrès américain doit être consulté. Si nous n’en sommes pas là, les élus sont néanmoins déjà mobilisés. La Républicaine Lisa Murkowski et la Démocrate Jeanne Shaheen ont élaboré un texte visant à interdire le recours aux ressources du ministère de la Défense américain pour occuper ou annexer le Groenland ou y mener une opération militaire. Également, le Républicain Mitch McConnell, très respecté, qui dirige la commission responsable du budget du Pentagone, s’oppose lui aussi à toute action au Groenland qui mettrait en péril l’OTAN.
Un avis conforme à l’opinion publique
Ces élus sont manifestement du côté de l’opinion publique américaine. D’après un sondage pour CNN, trois Américains sur quatre sont opposés aux tentatives de Washington de prendre le contrôle du Groenland. Une autre enquête Reuters/Ipsos donne des résultats comparables : seuls 4 % des Américains estiment qu’un recours à la force pour s’emparer du territoire autonome danois serait une bonne idée.