Ce que lon sait du procès opposant le prince Harry, Elton John et dautres célébrités au






Bataille judiciaire du prince Harry contre les tabloïds

Un nouveau procès s’ouvre à Londres dans la bataille menée par le prince Harry contre les tabloïds. Le fils cadet du roi Charles III attaque l’éditeur du Daily Mail, qu’il accuse d’avoir obtenu des informations sur sa vie privée de façon illégale. Le prince, qui vit en Californie avec son épouse Meghan et leurs deux enfants, était présent à l’ouverture du procès devant la Haute Cour de justice britannique, lundi 19 janvier. Voici ce que l’on sait de cette séquence, qui va durer neuf semaines.

Sept personnalités attaquent l’éditeur

Au total, sept personnalités attaquent Associated Newspapers Limited (ANL), éditeur du Daily Mail et de la version dominicale du quotidien, le Mail on Sunday. Aux côtés de Harry figurent le chanteur Elton John et son époux David Furnish, les actrices Elizabeth Hurley, révélée pour son rôle dans la comédie Austin Powers, et Sadie Frost, connue pour avoir joué dans le Dracula de Francis Ford Coppola, ainsi que Doreen Lawrence, mère de Stephen Lawrence, un jeune homme noir tué par un policier en 1993, selon un document de la juridiction.

Ils sont représentés par l’avocat David Sherborne, qui compte parmi ses précédents clients l’acteur Johnny Depp, la princesse Diana, l’acteur Michael Douglas et la mannequin Kate Moss. Les sept plaignants accusent ANL d’avoir eu recours à des détectives privés pour installer des dispositifs d’écoute dans leurs voitures et domiciles, d’avoir piraté leurs conversations téléphoniques, d’avoir payé des policiers pour avoir accès à des informations confidentielles, ou encore d’avoir obtenu frauduleusement des dossiers médicaux. La plupart des faits dénoncés remontent à la période 1993-2011, mais certains datent de 2018. Le groupe ANL « nie vigoureusement » ces accusations, qu’il a qualifiées dans le passé d' »absurdes ».

La famille royale « aurait préféré que ce procès n’ait pas lieu »

Le procès est prévu pour durer neuf semaines. Selon le calendrier d’audience, le prince Harry va témoigner toute la journée de jeudi. Il en avait fait de même en 2023 contre MGN, l’éditeur d’un autre tabloïd, le Daily Mirror. Il était alors devenu le premier membre de la famille royale à déposer à la barre lors d’un procès, en plus de cent ans. « Sir Elton, madame Hurley et la baronne Doreen Lawrence devraient également témoigner au cours du procès », affirme Sky News.

La famille royale, avec qui le prince Harry est en froid depuis plusieurs années, a pris ses distances avec ce procès. S’il a, ces derniers mois, amorcé un rapprochement, le prince ne rencontrera pas Charles III pendant le procès, « le roi souhaitant rester à l’écart de cette procédure judiciaire très médiatisée », décrit la BBC. De son côté, son frère, le prince William, « a des engagements en Ecosse ». « Son père et la famille royale auraient manifestement préféré que ce procès n’ait pas lieu (…) Ils espèrent qu’Harry ne tentera pas d’impliquer le roi ou d’autres membres de sa famille », avance auprès du média public le commentateur royal Richard Palmer.

Des faits potentiellement prescrits

Le Daily Mail se retrouve confronté à la perspective peu réjouissante de voir trente ans de ses pratiques journalistiques examinées par les tribunaux. Bien qu’il affirme avoir interdit le recours à des détectives privés en 2007, il devra s’expliquer sous serment sur ses relations passées avec eux, explique le Guardian.

Le juge devra aussi s’intéresser à des personnages-clés aux profils parfois flous. Comme Graham Johnson, « ancien journaliste qui enquête sur des actes répréhensibles présumés au sein des titres du Mail« , décrit le Guardian, mais qui a lui-même « plaidé coupable d’écoutes téléphoniques illégales ». Ou Gavin Burrows, « un détective privé considéré comme un acteur clé de la procédure judiciaire intentée par les plaignants, qui a déclaré que sa signature sur une précédente déposition était un faux ».

Le procès devra aussi déterminer si les faits sont prescrits ou non, le délai concernant une atteinte à la vie privée étant de six ans. « Pour contourner cette règle, les plaignants doivent démontrer qu’ils ignoraient l’existence d’un recours potentiel jusqu’à une date récente », explique la BBC.

Le prince a déjà remporté plusieurs batailles judiciaires contre les tabloïds

Le prince Harry entretient des relations houleuses avec la presse à scandale britannique, contre laquelle il a mené plusieurs batailles judiciaires. Le fils cadet du roi Charles III juge les tabloïds responsables de la mort de sa mère, Diana, tuée dans un accident alors qu’elle était poursuivie par des paparazzi à Paris en 1997. Il les a aussi accusés de harcèlement envers son épouse Meghan. Les pratiques illicites des tabloïds ont « tellement eu d’impact sur sa vie, qu’il veut aller au fond des choses. Il s’est vraiment engagé dans cette cause », a souligné à l’AFP Mark Stephens, avocat spécialisé dans les médias.

En 2023, avec d’autres personnalités, il a obtenu la condamnation de l’éditeur du Daily Mirror, Mirror Group Newspapers, pour des articles issus du piratage de messageries téléphoniques. Harry a reçu des dommages et intérêts à hauteur de 140.600 livres sterling (soit 162.290 euros). Dans ce procès, il avait dénoncé à la barre les pratiques « ignobles » de certains journaux et parlé de sa « paranoïa » face aux intrusions dans sa vie privée. « J’ai connu l’hostilité de la presse depuis que je suis né », avait-il déclaré.

En janvier 2025, il a obtenu un dédommagement ainsi que des « excuses sans réserve » pour « le piratage téléphonique, la surveillance et le mauvais usage d’informations privées de la part de journalistes et de détectives privés » de la part du propriétaire du Sun. Cet accord avec le groupe News Group Newspapers (NGN) de Rupert Murdoch avait permis d’éviter un procès de plusieurs semaines. NGN avait aussi présenté ses excuses au prince pour « l’impact » qu’a eu sur lui « la grave intrusion » des médias « dans sa vie privée ainsi que dans celle de Diana, princesse de Galles, sa défunte mère ».

Par ailleurs, le prince a poursuivi ANL dans une autre affaire. Il a accusé l’éditeur du Daily Mail de diffamation après un article publié en février 2022 sur une autre bataille judiciaire qu’il menait contre le gouvernement britannique concernant sa protection policière. Une affaire qu’il a perdue. Le tabloïd a annoncé en janvier 2024 que le prince Harry avait retiré sa plainte.



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