Un juge d’instruction va donc désormais enquêter sur le décès de ce Mauritanien de 35 ans dans un commissariat du 20ème arrondissement de Paris dans la nuit de mercredi à jeudi.
Le cadre de l’enquête
Le ministère public ouvre une information judiciaire pour violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort, après le décès en garde à vue d’El Hacen Diarra dans un commissariat du 20ème arrondissement de Paris. Un juge d’instruction va donc enquêter sur les circonstances de ce décès.
Une vidéo troublante émerge
Une vidéo, filmée par des voisins au moment de son interpellation devant le foyer de travailleurs migrants où il résidait, circule sur les réseaux sociaux. On y distingue deux policiers, dont l’un, à genoux, donne deux coups de poing en direction d’un homme plaqué au sol. Selon l’analyse acoustique réalisée par la famille du défunt, on peut entendre El Hacen Diarra crier : « Vous m’étranglez ! »
Critiques sur la gestion de l’enquête
Jusqu’à présent, l’enquête était ouverte pour recherche des causes de la mort et confiée à l’IGPN, la police des polices. L’avocat de la famille, Yassine Bouzrou, a exprimé son indignation : « La saisine tardive d’un juge d’instruction (…) ne saurait masquer l’inaction coupable du parquet. » Il regrette un délai de « cinq jours pendant lesquels la vérité a été étouffée, les preuves laissées à l’abandon, et la famille tenue à l’écart. »
L’intervention du parquet
Le parquet a souligné qu’il s’était rendu sur place « dès qu’il avait été avisé » du décès, « accompagné du commissaire de permanence de l’IGPN« . En l’absence initiale de tout élément sur les causes du décès, une enquête en recherche des causes de la mort a été ouverte. Le parquet rappelle que cela permet le recueil des auditions et la possibilité d’ordonner une autopsie, ce qui a été fait immédiatement.
Ouverture d’une information judiciaire
Après réception des « premiers éléments » et du rapport d’autopsie, le parquet a ouvert une information judiciaire, « comme systématiquement lorsqu’une personne décède dans des conditions suspectes ou inexpliquées dans un lieu de privation de liberté« . À ce stade, « le rapport d’autopsie n’apporte pas de certitude sur la causalité du décès » et des « analyses toxicologiques et anatomopathologiques » doivent être menées.
La réaction de la famille
La famille d’El Hacen Diarra a réclamé le placement en garde à vue des policiers impliqués, soulignant que les résultats d’autopsie étaient « caractéristiques » d’un étranglement. Un réexamen du scanner par des radiologues a été ordonné, ainsi que des examens complémentaires dont les conclusions ne seront pas disponibles avant plusieurs semaines.
Hommage public
Ce dimanche, un rassemblement d’au moins 400 personnes s’est tenu devant le foyer de travailleurs migrants où El Hacen Diarra résidait, afin de lui rendre hommage. Les participants ont observé une minute de silence avant plusieurs prises de parole.