À coup d’ironie et de punchlines, le compte French Response, rattaché au ministère des Affaires étrangères, adapte sa stratégie diplomatique aux codes des réseaux sociaux et se lance dans une guerre informationnelle, n’hésitant pas à tacler des adversaires de la France.
Publié , cet article nous plonge dans l’univers du Quai d’Orsay. Le nouveau compte French Response, lancé ces derniers mois sur la plateforme X, illustre bien cette petite révolution en matière de communication numérique. Le compte cumule déjà plus de 112 000 abonnés, et mise sur un ton moderne, avec des codes très « réseaux sociaux » pour s’imposer.
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Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Pascal Confavreux, donne le ton : « On riposte à ceux qui nous attaquent ». Ce changement de stratégie représente une rupture avec le ton traditionnellement courtois des relations géopolitiques. Dans un tweet, on peut par exemple trouver un extrait d’un dessin animé, populaire en Russie, évoquant la dictature, en réponse à des propos de Vladimir Poutine rabaissant les dirigeants européens.
Régulièrement, des GIFs et des formules chocs, toujours en anglais, sont publiés sur ce compte. Pascal Confavreux explique : « C’est un canal qui a été créé pour avoir une riposte rapide face à des allégations étrangères qui sont offensives. C’est un peu la ‘face émergée de l’iceberg’, sur tout ce qu’on fait en matière de guerre informationnelle. »
« Vous ne pouvez pas gagner la guerre informationnelle si vous ne menez pas la bataille. »
L’objectif est clair : ne pas rester passif. Ainsi, face aux récentes affirmations de la diplomatie russe selon lesquelles Paris détiendrait illégalement Mayotte, le compte French Response a réagi : « Coucou, comment ça va l’ambassade de Russie ? Mayotte a voté en 1974 pour rester un territoire de la République française […]. Vous voyez ce que c’est un référendum ? Des élections, la démocratie ? Des mots qui doivent sonner étrangement à vos oreilles. »
En outre, lorsque Donald Trump, le 22 janvier, minimise le rôle des Européens dans les combats menés en Afghanistan entre 2001 et 2021, le Quai d’Orsay répond avec ironie. Après la menace de Donald Trump de s’accaparer le Groenland, des messages conspirationnistes évoquent une « future conquête facile de la France ». La brigade numérique du Quai d’Orsay donne alors cette réponse humoristique : « Dernière minute : la Statue de la Liberté a été vue en train de traverser l’Atlantique à la nage. »
Breaking: Statue of Liberty reportedly spotted swimming back across the Atlantic. Said she “preferred the original terms and conditions.” 🇺🇸
« Notre but, c’est d’avoir de l’impact, de pouvoir toucher ces audiences qui sont ciblées par des partenaires désinhibés ou des adversaires tout à fait actifs, »
Le ministère garde le silence sur l’ampleur et l’identité des équipes déployées derrière le compte, mais se félicite d’un succès grandissant, avec plus de 110 000 abonnés atteints ces derniers jours. Bien que ce chiffre soit important pour une institution, il reste une goutte d’eau face aux 230 millions d’abonnés au compte d’Elon Musk.