Le procès de l’ex-sénateur Joël Guerriau, accusé d’avoir drogué avec de la MDMA la députée Sandrine Josso afin d’abuser d’elle en novembre 2023, commence lundi devant le tribunal correctionnel de Paris. Cette affaire symbolise un nouveau procès de la soumission chimique, un phénomène de plus en plus médiatisé.
Joël Guerriau, ancien sénateur Horizons de Loire-Atlantique, se retrouve face à la justice pour avoir drogué Sandrine Josso, députée MoDem du même département, afin de l’agresser. Après avoir subi une montée de panique et des palpitations, la députée avait réussi à s’échapper en appelant un taxi, conduisant à des analyses de sang révélant un taux très élevé de MDMA, une drogue euphorisante.
Interpellé dès le lendemain des faits, Joël Guerriau nie les accusations et prétend qu’il s’agit d’un « acte d’inadvertance ». Deux ans après l’incident, il a démissionné du Sénat sous la pression et encourt jusqu’à cinq ans de prison. Sandrine Josso, quant à elle, exprime son inquiétude face à cette confrontation avec une personne qu’elle considérait comme un ami, affirmant vouloir faire de ce procès une expérience pédagogique.
Sandrine Josso : un témoignage poignant
Dans une interview, Sandrine Josso partage son expérience : « C’est très douloureux pour moi encore aujourd’hui, tout ce que j’ai vécu. C’est une détérioration de ma santé avec des problèmes chroniques de dos, une hernie discale, des problèmes dentaires également à force de me tendre, de me crisper. On ne peut pas oublier. J’ai essayé de me reconstruire grâce aux médecins et à mon psy, mais c’est très long. »
« Je sursaute pour un rien. Je suis vraiment devenue très vulnérable. C’est d’une telle violence ! »
Sandrine Josso
Elle évoque une peur persistante, semblant figée au jour de l’épreuve : « À chaque fois, la boule au ventre, je constate ce à quoi j’ai échappé. Mélanger cette drogue avec de l’alcool, c’est très dangereux. » Elle se remémore être arrivée à l’Assemblée nationale dans un état de détresse extrême, et se dit reconnaissante d’être en vie aujourd’hui.
Un choc révélateur
Lors de l’instruction, des détails troublants ont émergé, comme les recherches sur Google effectuées par Joël Guerriau, autour des mots « drogue », « viol », ou « acheter GHB, MDMA ». Sandrine Josso avoue avoir été troublée : « Quand on est en confiance avec quelqu’un, on ne peut pas imaginer la face cachée de l’individu qu’on a en face. »
La confrontation au tribunal
En attendant son procès, elle s’interroge sur la confrontation à venir : « Je ressens une appréhension à l’idée de raconter encore une fois cette soirée. Cependant, j’ai foi en la justice. Je vais réunir mes forces pour expliquer ce que j’ai vécu. »
« Ce que je souhaite vraiment, c’est que les victimes en France arrêtent d’être invisibilisées, désocialisées. J’ai envie que ce procès ait une portée pédagogique. »
Sandrine Josso
Malgré le lent progrès en matière de justice et de sensibilisation aux violences, Sandrine Josso appelle à une action politique forte pour lutter contre ces violences : « Il faut une vraie politique d’État, par l’éducation, et une réelle volonté politique, sincère. »
L’interview de Sandrine Josso a été conduite par Mathilde Lemaire et met en lumière l’importance de briser le silence autour de ces questions cruciales pour la société.