JO 2026 : cinq questions sur le ski alpinisme, un sport prometteur pour les médailles françaises.





Ski Alpinisme aux JO 2026

Aux JO 2026, plus besoin de télésièges : en ski alpinisme, les athlètes remontent eux-mêmes les pentes skis aux pieds – ou sur le dos -, avant de les redescendre. Cette nouvelle discipline, version compétitive du ski de randonnée, fait son entrée au programme des Jeux de Milan Cortina (du 6 au 22 février) avec deux épreuves : le sprint et le relais mixte. De grands espoirs de médailles d’or sont placés sur la France. Si vous voulez tout savoir à propos de ce nouveau sport olympique, vous êtes au bon endroit.

Ça vient d’où ?

Le ski alpinisme (ou ski alpi, voire skimo pour les intimes) est une discipline plus vieille que le ski alpin, mais longtemps oubliée. Avant l’avènement des remontées mécaniques, les amateurs de glisse fixaients déjà des peaux de phoques sous leurs spatules pour remonter les pentes skis aux pieds, avant de les dévaler. Bien que les « peaux de phoques » soient aujourd’hui synthétiques, l’essence du ski de randonnée demeure la même : se déplacer de façon autonome dans la montagne. Avant de séduire les vacanciers frustrés par la fermeture des remontées mécaniques pendant la pandémie de Covid, cette discipline a été perfectionnée par les régiments armés de France, Suisse et Italie, les trois nations pionnières de ce sport qu’elles ont longtemps dominé.

Le ski alpinisme s’est ensuite construit autour de longues courses par étapes, comme la Pierra Menta dans le massif français du Beaufortain. « C’est là que j’ai découvert le ski alpi, avec les gars qui montent à fond la caisse, enlèvent les peaux de phoques puis descendent à fond de cale dans des couloirs. Quel sport de badass ! », raconte d’ailleurs la Française Emily Harrop, candidate à l’or cet hiver. Associant endurance, technique et goût prononcé pour la liberté, le ski de randonnée reste une activité d’initiés, puisqu’il se pratique loin des pistes balisées. La discipline est d’ailleurs rattachée à la Fédération française de la montagne et de l’escalade, et pas à la Fédération française de ski.

Pourquoi c’est une sorte de triathlon dans la neige ?

Différents types d’efforts, un matériel qui se transforme en pleine course, et des Français favoris : à plus d’un titre, le ski alpinisme se rapproche du triathlon. « On n’a pas vraiment trois sports différents comme en triathlon, mais c’est vrai que le ski alpinisme demande d’être très polyvalent avec beaucoup de cardio à la montée, d’explosivité dans l’escalier, puis de la technique pour descendre », résume Thibault Anselmet. « Comme le triathlon, c’est aussi un vrai sport de nature », ajoute Léo Viret.

Surtout, comme en triathlon, une course de ski alpinisme peut aussi se perdre à cause d’une mauvaise manipulation de matériel. « On a trois manipulations sur le sprint. La première, on met nos skis sur le sac au pied de l’escalier, puis on les rechausse en haut. Enfin, au sommet de la boucle, on enlève nos peaux de phoques », détaille Thibault Anselmet. Ces trois manipulations prennent environ vingt secondes aux athlètes sur des courses de trois minutes, et peuvent donc peser lourd.

« Dans notre matériel, que ce soit la combinaison, le sac à dos, tout doit être millimétré, personnalisé à notre goût », ajoute Emily Harrop, qui voit également son sport comme un mélange de ski cross et de biathlon : « Une manipulation qui est moins bien faite peut nous faire perdre un temps important, voire la course. Ça m’est souvent arrivé en début de carrière… ». À tel point que pour 4 athlètes, un staff de 12 personnes est présent aux JO, « pour couvrir tous les aspects du ski alpinisme, que ce soit le matériel, les manipulations, le physique, le mental, la stratégie… », déploie Léo Viret.

Aux JO, ça va ressembler à quoi ?

Quand on pense ski de randonnée, on pense à la montagne et à ses grands espaces. Aux Jeux olympiques, on sera loin de tout ça. Pour rendre le sport télévisuel, dynamique et facile à suivre, les instances ont créé deux formats retenus pour les JO : le sprint et le relais mixte. Deux courses qui se disputent sur un stade au pied des pistes, en station. Le parcours dure environ trois minutes, avec une première phase de montée skis au pied, mais aussi sur le dos dans un escalier (appelé portage dans le jargon) généralement au milieu de l’ascension. Une fois au sommet, les skieurs, partis à six de front, enlèvent les peaux de phoques et glissent jusqu’à l’arrivée.

« C’est ce qui est génial dans ce sport, c’est que l’on peut passer d’un sprint sur un stade au coude à coude avec les autres athlètes, à un entraînement seul en pleine montagne », apprécie ainsi Emily Harrop. Après une manche de qualification, les athlètes passent par des quarts de finale, demi-finale, et finale. Sur le relais, même principe, sauf que le duo mixte effectue chacun deux tours. « C’est hyper télévisuel, il y a beaucoup de rebondissements, du rythme », prévient Thibault Anselmet.

Pourquoi cette intégration olympique divise ?

Des formats hyperspectaculaires, de grandes chances de médailles pour la France, un sport en phase avec les enjeux climatiques de la montagne… Le ski alpinisme a tout pour plaire. Pourtant, son intégration aux JO divise les acteurs du milieu, répartis en deux camps : ceux qui considèrent que le sprint et le relais mixte dénaturent totalement l’esprit de la discipline, et ceux qui préfèrent voir le verre à moitié plein. « Il y a des craintes sur le fait que le sport n’évolue pas forcément dans le bon sens », résume Thibault Anselmet.

Les détracteurs déplorent notamment que l’Individuel (course d’une heure et demie), la course par équipe (plus longue qu’un relais) ou la Vertical race (une montée sèche), trois formats historiques de la discipline, ne figurent pas au programme. « Je comprends », avoue Thibault Anselmet. « Mais en compétition, même sur les formats plus longs, c’est toujours assez aseptisé. Le ski alpinisme est une pratique différente du ski de randonnée pour le plaisir ». Une pratique qui condense le ski de randonnée dans des formats permettant d’entrer dans les cases olympiques, comme cela a été le cas pour le VTT, le surf ou le skateboard auparavant.

« C’est une évolution logique, au début forcément ça divise mais dans quelques années ça rassemblera tous les skieurs alpinistes. D’ailleurs, nos athlètes brillent autant sur les formats olympiques que sur les courses historiques plus longues », glisse Léo Viret. À tel point que s’ils ont les JO 2026 dans le viseur, les Bleus pensent déjà à ceux de 2030, à la maison, avec plus de courses au menu. « Cette année, on met le pied dans la porte. On espère que ça va plaire et qu’en 2030, on aura encore plus de ski alpinisme au programme des JO, avec les formats plus longs », espère ainsi Emily Harrop, qui rappelle que cette intégration olympique a déjà changé la vie de nombreux athlètes, devenus professionnels grâce à cela.

Quels espoirs de médailles pour la France ?

Le public français ne connaît pas encore très bien le ski alpinisme, mais cela risque de changer avec ces JO. Et pour cause : en trois courses, l’équipe de France espère quatre ou cinq médailles sur cinq possibles. En effet, les Bleus aligneront deux femmes et deux hommes en sprint, et un duo en relais mixte. Quadruple vainqueure de la Coupe du monde, multiple championne du monde, Emily Harrop est ainsi la grandissime favorite à l’or olympique en sprint, mais aussi sur le relais mix
FONTE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *