Portée par deux comédiens inspirés, Jérôme Kircher et Thomas Solivères, la pièce de Peter Shaffer, mise en scène par Olivier Solivères, brille par sa flamboyance. Un spectacle enchanté.
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Un violoniste, en costume d’époque et perruque, accueille le public dans la salle de théâtre. Le personnel porte des masques. Avant le lever de rideau, le théâtre est plongé dans une atmosphère très XVIIIe siècle. La salle est comble, tous les sièges sont occupés, strapontins compris. La pièce Amadeus de Peter Shaffer est au théâtre Marigny, jusqu’au 5 avril.
Sur scène, un vieil homme, tout de noir vêtu, avance péniblement, comme accablé par des maux invisibles. Il se présente : Antonio Salieri, « assassin » de Wolfgang Amadeus Mozart. Il promet de dire la vérité, toute la vérité. Sa vérité. Il jure de se confesser avec sincérité. Le célèbre compositeur et professeur s’efface derrière l’homme qui se repent.
Si le vieil homme est sombre, le jeune Mozart qui gambade ensuite sur scène est lumineux, facétieux, impertinent. Le compositeur et musicien germano-autrichien est brillant, parfois puéril, souvent anticonformiste, jusqu’à choquer son entourage par son humour scatologique.
Entre Salieri, compositeur officiel de l’Empereur et serviteur de Dieu, et Mozart, génie désargenté à la recherche de la gloire, une rivalité s’installe. Le premier, au firmament de sa gloire, est dévoré par la jalousie. Il admire autant qu’il hait l’auteur de La flûte enchantée. Il jure de détruire le talent de son insolent rival.
« Dans cette adaptation, je souhaitais être dans la tête de Salieri et faire entendre sa voix comme une mémoire défaillante. Tout le spectacle naît de lui : de ses visions, de ses troubles, de ses obsessions. Le passé se recompose sous ses yeux et sous les nôtres. Je souhaite que le spectateur devienne témoin d’un homme au dernier soir de sa vie, qu’il entre dans sa mémoire, son vertige, sa confession », explique, dans sa note d’intention, le metteur en scène Olivier Solivères.
L’immersion est convaincante. Le spectateur est réellement dans la tête du compositeur italien.