Dans l’émission « La Grande Librairie » sur France 5, Gisèle Pelicot a partagé son témoignage poignant, visant à transmettre « un message d’espoir à toutes les femmes qui traversent des périodes très compliquées ».
Un parcours courageux
« Je suis une femme debout aujourd’hui. » Gisèle Pelicot s’est exprimée pour la première fois à la télévision, le 11 février 2026, sur le plateau de « La Grande Librairie » d’Augustin Trapenard. Cette apparition coïncide avec la sortie de son livre Et la joie de vivre, qui paraîtra chez Flammarion le 17 février. Dans ce récit à la première personne, elle raconte le procès historique des viols organisés par son mari.
Un message d’espoir pour les victimes
Gisèle Pelicot souligne la nécessité de changer la perception des victimes : « On a toujours tendance à se dire que la victime doit être une bonne victime, c’est-à-dire dépressive, suicidaire… Moi, je veux montrer aujourd’hui que ce livre est un message d’espoir, à toutes les femmes qui traversent des périodes très compliquées dans leur existence, se dire qu’on a tous en nous les ressources nécessaires. »
Elle a également partagé ses réflexions sur son silence lors du procès, expliquant : « Il est vrai que, pendant ces quatre mois de procès, j’ai très peu pris la parole. J’ai dû parler à peu près quatre minutes en tout. »
La confrontation avec le passé
Lorsqu’un enquêteur lui a montré des photos d’elle lors des agressions, elle a d’abord nié son identité sur celles-ci : « Je ne me reconnais pas sur les photos. Je dis ‘ce n’est pas moi’. » Ce moment a été difficile et a conduit à une dissociation. « Je ne réalise plus ce qu’on est en train de me dire, je n’entends plus ce qu’on me dit. »
« Je veux que mon histoire serve aux autres. »
En prenant la parole, Gisèle Pelicot souhaite alerter sur la soumission chimique et transformer son épreuve en témoignage pour faire avancer les choses.
La prise de conscience
Interrogée sur le temps qu’il lui a fallu pour réaliser que la femme sur les photos était elle, Gisèle Pelicot a répondu : « Il m’a fallu cinq-six heures, le temps que je rentre chez moi… C’est la première fois que j’emploie le mot ‘viol’. »
L’ampleur médiatique du procès des viols de Mazan lui a surpris : « Je n’aurais jamais pensé que ma parole trouverait un écho aussi large, y compris au-delà de nos frontières. »
« Ce n’est pas aux victimes d’avoir honte. »
Gisèle Pelicot revient sur sa décision historique de refuser le huis clos lors du procès, pour que « la honte change de camp ».
Le soutien des femmes
Elle a aussi mentionné les milliers de lettres reçues pendant le procès : « J’ai vu ces femmes arriver tous les jours… Et ça, ça m’a submergée et bouleversée. »
Un appel à la résilience
Aujourd’hui, Gisèle Pelicot se sent apaisée : « Ce que je voudrais à travers ce livre, c’est dire aux victimes : ‘N’ayez jamais honte, ne perdez pas confiance en vous’. »