Plusieurs ONG s’alarment des coupes budgétaires des APD, qui représentent près de 20 % de l’aide mondiale. Rien que la baisse de la contribution française pourrait coûter la vie à plus d’un million de personnes.
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(RAJESH JANTILAL / AFP)
Conséquences des coupes budgétaires
Ce constat dramatique est celui que dresse la fondation Rockefeller, qui a travaillé sur les conséquences de la diminution de ces aides publiques au développement (APD). On parle de plus de 31 milliards de dollars au niveau international, ce qui pourrait coûter la vie à près de 23 millions de personnes dans le monde d’ici 2030, dont cinq millions d’enfants.
La baisse des aides au niveau mondial, ainsi que celle de la France qui a coupé 800 millions d’euros d’APD dans son budget 2026, voté il y a tout juste une semaine, inquiète les associations, les ONG et fondations qui travaillent dans le domaine de l’aide humanitaire.
Pour certains, ces 800 millions d’euros de coupes budgétaires ne sont que des chiffres dans un tableau. Pour d’autres, ils représentent des vies à sauver. L’Association Sœur Emmanuelle (Asmae) prévoit deux millions de budget en moins et parle déjà de non-assistance à enfant en danger, alertant son directeur général, Adrien Sallez.
« Pour les actions d’Asmae, ça signifie 12.000 enfants qui ne seront plus bénéficiaires de nos projets dans six pays dans le monde, » déplore-t-il.
« Ce sont des personnes, des enfants qui sont en situation de très grande vulnérabilité, parfois dans des contextes de conflits armés. Donc, ce sont des enjeux de protection des enfants qui sont extrêmement importants. Et à ces enfants, on ne pourra plus apporter l’aide dont ils ont besoin au quotidien. Il y a un risque de recul de santé, recul de soins psychosociaux et mauvaise prévention des risques vitaux… »
Davide Rasella, chercheur à Barcelone, et son équipe estiment que les coupes budgétaires françaises peuvent coûter la vie à plus d’un million de personnes. Le chiffre définitif est attendu dans les semaines à venir, mais en attendant, il est catégorique : au niveau mondial, ces coupes auront des conséquences dramatiques.
« Ce que nous démontrons ici, c’est que nous ne parlons pas de quelques vies. Nous parlons vraiment de millions de vies, » martèle-t-il.
« Et ce qui est très important, c’est qu’il ne s’agit pas simplement de nos résultats. »FONTE