Colère des salariés et des syndicats d’Alinéa, ce samedi 14 février, à Sainte-Geneviève-des-Bois. Les salariés du magasin de la marque en Essonne se sont mobilisés, quelques jours après le désistement de leur repreneur potentiel. L’enseigne d’ameublement est placée en redressement judiciaire depuis fin novembre.
Une mobilisation sous tension
Ce samedi 14 février, le personnel du magasin Alinéa de Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne) n’a pas débrayé. À 10 heures, les portes restent ouvertes, en dépit de la colère ambiante. Cela n’empêche pas les clients d’afficher leur solidarité : des salariés revêtus de gilets jaunes exhibent des pancartes sur la façade du magasin. C’est désolant de voir des entreprises comme ça fermer. Qu’est-ce qu’on attend pour les sauver ?, s’indignent un couple de clients.
Les salariés peinent à expliquer la chute de leur enseigne. Est-ce un problème de gestion au niveau de la centrale ? Des mauvais choix de produits ou la concurrence à la fois de Temu, Amazon et d’autres enseignes ? Je ne pense pas qu’on soit les premiers, et on ne sera malheureusement pas les derniers. Les salariés de Casa l’ont vécu, ceux de Maisons du Monde sont dans le même bateau, affirme un employé.
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Un passé difficile et un avenir incertain
En 2020, Alinéa avait été placée en redressement judiciaire post-Covid. Deux plans sociaux ont suivi, épuisant les salariés de ce magasin. Je l’ai mal vécu parce que cela arrive deux fois en cinq ans, pour la même enseigne. On a donné corps et âme pour cette enseigne, et finalement, c’est le retour à zéro. C’est dommage, constate amèrement une autre salariée.
En 2024, Alinéa accusait encore 47 millions d’euros de pertes, entraînant un nouvel redressement judiciaire en novembre dernier. Dernier événement en date : le jeudi 12 février, où la direction informait par message ses salariés. Le candidat à la reprise SDC (NDLR : le groupe roumain SDC Holding) a décidé de retirer son offre, considérant qu’il existait trop d’incertitudes sur la reprise et les efforts financiers pour porter le projet de reprise, en dépit des échanges entre la direction d’Alinéa et les administrateurs judiciaires, est-il mentionné dans cet écrit consulté par l’AFP.
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Des échéances cruciales pour l’avenir d’Alinéa
Les éventuels repreneurs ont jusqu’au 5 mars pour se manifester. À cette date, le tribunal des affaires économiques de Marseille (Bouches-du-Rhône) examinera les offres, avant de rendre une décision dans un délai de deux semaines. L’enseigne de vente de meubles emploie encore environ 1.200 salariés dans 36 magasins. Elle appartient à la famille Mulliez, qui possède également des marques comme Auchan, Décathlon ou Leroy Merlin.
Avec Sophie Béchir