La tournée médiatique de Gisèle Pelicot : un acte de féminisme engagé qui transcende la






Gisèle Pelicot et son livre « Et la joie de vivre »

À trois jours de la sortie de son livre, « Et la joie de vivre », prévu le 17 février dans 22 pays en simultané, son visage est partout, plus exposé que jamais. La septuagénaire affirme que son livre « est un message d’espoir à toutes les femmes qui traversent des périodes très compliquées dans leur existence. »

Une voix rare dans un moment difficile

Jusqu’à ces derniers jours, Gisèle Pelicot n’avait pris la parole que deux fois publiquement, au début et à la fin du procès-fleuve d’Avignon, dit « procès des viols de Mazan ». « Une épreuve très difficile », témoignait-elle émue, le 19 décembre 2024, jour du verdict, face à une immense armada de micros et de caméras de journalistes venus du monde entier.

Son ex-mari et ses 50 coaccusés venaient d’être condamnés à des peines de trois à vingt ans de prison, reconnus coupables de viols aggravés, agressions sexuelles aggravées et tentatives de viols, sur la septuagénaire droguée à son insu. Épuisée par quatre mois et demi d’audience éprouvante, Gisèle Pelicot ajoutait alors : « J’ai voulu, en ouvrant les portes de ce procès le 2 septembre dernier, que la société puisse se saisir des débats qui s’y sont tenus. Je n’ai jamais regretté cette décision. »

Après plus d’un an de silence médiatique, entrecoupé à l’automne par le procès du seul accusé ayant fait appel du jugement d’Avignon, et dont la peine a été alourdie à dix ans de prison, voici de nouveau Gisèle Pelicot dans la lumière. À quatre jours de la sortie de son livre, Et la joie de vivre, son visage est omniprésent.

Une tournée promotionnelle initiée avec succès

Cette tournée promotionnelle XXL a officiellement débuté cette semaine avec la publication des traditionnelles bonnes feuilles, dévoilées mardi dans Le Monde et accompagnées d’un article de Pascale Robert-Diard, la chroniqueuse judiciaire historique du quotidien. Celle-ci salue un récit « sans bravoure, ni dolorisme », dans lequel Gisèle Pelicot « se réapproprie son histoire, avant, pendant et après l’affaire ».

Le lendemain, mercredi, la septuagénaire a choisi France 5 pour sa première interview télévisée sur le plateau de « La Grande Librairie » d’Augustin Trapenard. Accompagnée de sa coautrice Judith Perrignon, elle apparaît apaisée mais déterminée, affirmant que son livre « est un message d’espoir à toutes les femmes qui traversent des périodes très compliquées dans leur existence. Souvent, on ne soupçonne pas la force qu’on peut avoir en soi ».

🗣️ « Je veux montrer que ce livre est un message d’espoir pour toutes les femmes qui traversent des périodes compliquées dans leur existence. »
👉 Gisèle Pelicot explique ce que représente, pour elle, cette prise de parole à travers l’écriture.

— La Grande Librairie (@GrandeLibrairie) 11 février 2026

Un parcours médiatique exceptionnel

Gisèle Pelicot est encore attendue dimanche 15 février sur le plateau du JT de 20 heures de Laurent Delahousse, avant les matinales de France Inter et RTL lundi, dans deux entretiens préenregistrés. Le carré auburn de la survivante des viols de Mazan est omniprésent cette semaine, apparaissant sur les unes de nombreux journaux et magazines français tels que Télérama, Libération, Le Figaro, Le Nouvel Obs, Elle…

Votre magazine ELLE avec Gisèle Pelicot sera disponible ce jeudi 12 février en kiosque. 📰🤳

Cette semaine :
Témoignage : la directrice de la rédaction de ELLE Ukraine raconte son quotidien.
Gisèle Pelicot : le grand entretien.

— ELLE (@ELLEfrance) 11 février 2026

« Elle ne promeut pas seulement un objet culturel : elle promeut une cause », estime Augustin Trapenard, joint par Franceinfo. Le présentateur de l’émission de France 5 confie avoir eu accès aux épreuves du livre « dans le plus grand des secrets, il y a un mois et demi, deux mois environ ». Soit une pile « de feuilles volantes » qu’il a reliées lui-même, avant de découvrir l’ouvrage pour la première fois seulement le jour de l’enregistrement de l’émission, lundi.

« Le but de Gisèle Pelicot, c’est de faire connaître son histoire, pour que les errances médicales qu’elle a subies ne se reproduisent plus, que les médecins prennent plus en compte les violences sexuelles dans leur diagnostic et que les victimes se reconnaissent et puissent partir », souligne le journaliste et critique littéraire.

Une campagne médiatique largement couverte

Ce premier entretien télévisé extrêmement convoité a toutefois été court-circuité par le teasing d’un podcast du New York Times, diffusé la veille par la très respectée journaliste Lulu Garcia-Navarro sur ses réseaux sociaux. « J’ai passé près de trois heures avec Gisèle Pelicot à Paris », écrit celle qui a échangé dans son podcast « The Interview » avec les plus grandes stars.

Dans cet extrait, très fort, Gisèle Pelicot relate la funeste journée du 2 novembre 2020, point de bascule de son existence, où elle découvre, au commissariat de Carpentras (Vaucluse), des photos d’elle lors des viols sous soumission chimique commis avec la complicité de son mari.

Les images, virales, ont cumulé 2 millions de vues en moins de 24 heures, et ont immédiatement été reprises partout, au grand dam de Flammarion, qui souhaitait que France 5 ait la primeur du premier entretien filmé de Gisèle Pelicot. Brut et « Quotidien », qui ont repris l’extrait dans la foulée, ont été sommés de le retirer par la maison d’édition.

Cet accrochage illustre l’effervescence autour de la sortie du livre, annoncée comme le plus attendu de l’année 2026. Les médias internationaux se battent pour décrocher leur entretien avec la survivante des viols de Mazan : Vogue et la BBC l’ont emporté aux Royaume-Uni, El País en Espagne, Corriere della Sera en Italie…

For this special digital cover to mark the publication of her memoir, #BritishVogue meets #GisèlePelicot, the woman whose story ignited fury and empathy in women across the globe. In her first in-depth interview since her ex-husband, and 50 other men, were convicted of habitually…

— British Vogue (@BritishVogue) 13 février 2026

Des droits internationaux pour le récit

Côté allemand, c’est la journaliste Britta Sandberg, du Spiegel, qui a décroché la première interview. Elle raconte à Franceinfo avoir commencé à négocier cet automne avec la maison d’édition Piper Verlag, qui a décroché les droits. Un résultat concret de cette négociation : une interview de huit pages en une de l’hebdomadaire, ainsi qu’un podcast de deux épisodes, sur « la personnalité française la plus médiatique du moment en Allemagne. »

C’est Sus
FONTE

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