Un gala captivant pour les patineurs : entre revenus et liberté artistique après la compétition.






Gala des Jeux Olympiques d’Hiver

Les médaillés olympiques, et quelques invités, patineront samedi soir lors du gala des Jeux d’hiver. Durant la saison, certains patineurs ajoutent aussi des spectacles à leur agenda sportif.

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Laurence Fournier Beaudry et Guillaume Cizeron lors du gala du Grand Prix de France, à Angers, le 19 octobre 2025.
Laurence Fournier Beaudry et Guillaume Cizeron lors du gala du Grand Prix de France, à Angers, le 19 octobre 2025. (KANAME MUTO / AFP)

Avant même d’avoir enfilé l’or olympique autour de son cou jeudi 19 février, l’Américaine Alysa Liu partageait son fol espoir : être invitée au gala de clôture des Jeux olympiques d’hiver de Milan, qui se déroule samedi 21 février. « Le gala, c’est une énorme scène, autant que celle de compétition. J’adore la chanson Stateside sur laquelle je patine. La chorégraphie est trop mignonne, très différente de ce que j’ai pu faire avant », a-t-elle justifié lors de la conférence de presse, après son sacre.

Grâce à son titre olympique, la patineuse californienne de 20 ans a sécurisé sa place dans le spectacle. Car à chaque fin de championnat, les médaillés sont conviés (et même dans l’obligation de participer) au gala de fin de compétition. Ils doivent s’y présenter avec un costume et une musique différents de leurs deux programmes de compétition.

« Quand on fait un podium sur un Grand Prix ou un championnat, il faut se produire au gala pour toucher le prize money. Et si on est invité, on peut toucher un petit cachet », précise le Français Adam Siao Him Fa, convié au gala des JO malgré sa 7e place au classement. Même invitation envoyée au prodige américain Ilia Malinin, passé à côté de son programme libre mais seul patineur au monde à réussir le quadruple axel. Ces invitations sont une façon, pour les organisateurs, de s’assurer la présence de patineurs appréciés du public pour leur sens du spectacle.

« C’est un moment que j’aime bien : patiner dans une autre ambiance que la compétition, être libre de créer le programme que je veux sans avoir à suivre un règlement, aller chercher de la créativité. »

Adam Siao Him Fa, patineur artistique français

Depuis deux ans, le patineur originaire de Bordeaux monte ses galas avec son chorégraphie, Benoît Richaud, alors qu’auparavant il les imaginait seul. « On peut ainsi continuer de travailler ensemble, explorer des choses qu’on ne peut pas faire à un autre moment de la saison », justifie Adam Siao Him Fa. À Milan, le Français va patiner sur le thème de Vincent Van Gogh, sur ce qu’il estime être « son meilleur numéro de gala jamais créé avec Benoît Richaud ».

Montés à différents moments de la saison, souvent en quelques jours, ces programmes servent souvent de galops d’essai pour les patineurs. « Avec Fabian [Bourzat], on avait testé un spectacle sur les momies et pharaons sur une musique de Martin Solveig. On s’est dit que ça marchait bien, donc on a gardé la thématique mais avec des musiques plus faites pour l’émotion, l’intensité et moins fun », se souvient Nathalie Péchalat, double championne d’Europe en danse sur glace et consultante pour France Télévisions.

En plus de thématiques ou d’une ambiance, les patineurs peuvent essayer de nouveaux éléments, comme des portés pour les couples ou des pirouettes pour ceux évoluant en individuel. « En compétition, on essaye d’avoir les niveaux pour obtenir des points. Là, on peut chercher de l’innovation », fait remarquer Adam Siao Him Fa.

Le backflip d'Adam Siao Him Fa, lors du gala du Grand Prix de France, le 19 octobre 2025.
Le backflip d’Adam Siao Him Fa, lors du gala du Grand Prix de France, le 19 octobre 2025. (KANAME MUTO / AFP)

En revanche, pas question de tenter de nouveaux sauts. « Lors des galas, tu es quand même beaucoup moins prêt physiquement. Donc un patineur n’y réalise que ce qu’il sait déjà faire en termes d’éléments périlleux », rappelle Nathalie Péchalat.

En dehors des galas de fin de compétition, il existe aussi des spectacles sur glace et même des tournées un peu partout dans le monde qui peuvent durer jusqu’à six semaines. Prisé des organisateurs pour son sens artistique, Adam Siao Him Fa inscrit régulièrement ce genre d’événements à son agenda sportif. Après les JO, il sera ainsi en Suisse pour Art on Ice, avant de participer aux Mondiaux un mois plus tard.

« Ça me permet de couper d’une certaine manière. Je le prends comme une période d’entraînement. »

Adam Siao Him Fa, patineur artistique

« Je vais patiner dans des conditions particulières, devant un public, avec des lumières différentes, avec comme obstacle une scène sur la patinoire, » détaille le Tricolore, qui souligne l’importance de bien s’organiser dans la planification. « C’est un stress différent. »

Ces shows sont aussi bien plus rémunérateurs pour les athlètes que les galas de championnats. « Cela fait partie des rentrées d’argent pour payer une saison et vivre de son sport », reconnaît Adam Siao Him Fa, qui estime le coût d’une saison à entre 60.000 et 150.000 euros selon les conditions d’entraînement et l’expertise de l’encadrement (des sommes couvrant costumes, compositeurs de musique, stages d’été, matériel, déplacements…).

« Les galas me permettaient d’amasser de l’argent pour le réinvestir dans le sport », se souvient Nathalie Péchalat, qui patinait à une époque où les aides de l’Agence nationale du sport n’existaient pas. « On en faisait pour tester de nouveaux éléments, se faire plaisir, gagner un peu de sous pour réinvestir et se payer des vacances sympas », résume l’ancienne danseuse sur glace, qui, à la fin de sa carrière, pouvait toucher avec son partenaire entre 4.000 et 6.000 euros pour une série de galas.

Alysa Liu lors du gala de la Finale du Grand Prix, à Nagoya (Japon), le 7 décembre 2025.FONTE

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