La médiation, un outil de paix : les médiateurs de la ville, acteurs du vivre ensemble,





Médiation à Issy-les-Moulineaux

A Issy-les-Moulineaux, dans les Hauts-de-Seine, le règlement à l’amiable des conflits est pratiqué depuis plus de 20 ans. Ce dispositif permet de restaurer la confiance entre les citoyens et l’administration, tout en apaisant les tensions au sein de la population.

Le rôle essentiel des médiateurs

Michel Pierdait est médiateur professionnel. Depuis huit ans, il se consacre à sa commune. N’ayant aucun pouvoir de police ou de justice, sa mission est de régler à l’amiable des conflits entre les administrés et la municipalité, les litiges avec les bailleurs sociaux ou encore les problèmes de voisinage.

« Le métier de médiateur de la ville, c’est un métier de village, on est au plus près des habitants. »

Michel Pierdait, médiateur

Une écoute attentive

Chaque mardi matin, comme chaque semaine, il assure des permanences par téléphone, avec quatre rendez-vous prévus par des habitants. « C’est d’abord un point d’écoute. Le rendez-vous dure environ une heure. Ils ont besoin d’expliquer leur situation et il faut du temps pour laisser parler leurs émotions. Ensuite, on contactera la partie adverse, et après, je vois avec eux comment régler le problème. Je fais en sorte que la communication revienne entre les deux parties. »

Des conflits du quotidien

Des problèmes comme une panne d’ascenseur ignorée par le bailleur ou un voisin trop bruyant peuvent empoisonner le quotidien des habitants. Michel Pierdait met également en avant la nécessité de pédagogie. « On retrouve souvent des difficultés liées à la fracture numérique et à l’incompréhension de l’administration. Par exemple, concernant les problèmes de surloyers, les gens n’ont pas envoyé les bons papiers. Pour le paiement des charges dans une copropriété, une personne vivant au premier étage ne comprend pas pourquoi elle doit payer l’ascenseur. Je lui explique que c’est une obligation, mais qu’elle paie moins que la personne qui vit au sixième étage. »

Un service de médiation efficace

Chaque année, quatre-vingts dossiers sont traités par les deux médiateurs de la ville. Ils sont présentés au maire lors du conseil municipal et renouvelés chaque année. Environ 60 à 70 % des cas trouvent une solution entre les deux parties. Seuls 10 % des litiges ne peuvent être réglés par les médiateurs, tandis que 20 % ne sont pas résolus souvent parce que l’une des parties refuse le dialogue. Pour Michel Pierdait, « le métier de médiateur de la ville, c’est un métier de village, on est au plus près des habitants. »

Un modèle à suivre dans d’autres communes

Un service de proximité gratuit ouvert à tous, dont se sont dotées de nombreuses communes. Issy-les-Moulineaux fut l’une des villes pionnières dans les années 2000. Paris a emboîté le pas en 2014 et d’autres municipalités franciliennes ont mis en place un médiateur de la ville.

En Île-de-France, six habitants sur dix estiment que le vivre-ensemble fonctionne. Une enquête menée par Odoxa pour Ici et le réseau France 3 Régions révèle que la sécurité, la propreté et la lutte contre les incivilités sont des préoccupations majeures des Français, contribuant ainsi au maintien de la cohésion sociale.

Satisfaction des citoyens

Sur ces sujets, les citoyens sont globalement satisfaits par l’action de leur maire. Cependant, la perception de la lutte contre les incivilités varie selon que l’on vit dans une commune rurale ou une métropole. Dans la région, 45 % des Franciliens expriment leur satisfaction envers l’action de leur maire. À Paris, la tendance est plutôt inverse, avec 70 % des personnes interrogées restant insatisfaites.

Les résultats de cette enquête soulignent un fort désir de solidarité chez les Français. Pour améliorer le vivre-ensemble, au-delà du renforcement de la police municipale, les Français préfèrent des solutions citoyennes, comme la sensibilisation aux comportements civiques (56 %) ou des actions pour créer des liens entre les générations et les populations (48 %).

« La médiation, c’est favoriser le dialogue et le partage. C’est un outil de paix. »

Aurélie Thieriet-Duquesne, responsable de la Clinique de la médiation

Nouveaux accès à la médiation

Les médiateurs de la ville sont l’un des maillons de cette chaîne. Depuis près d’un an, un autre point d’accès à la médiation a été ouvert aux Isséens. Ce service, fruit d’un partenariat entre la ville et la faculté de droit de l’Université catholique de Lille, propose des consultations gratuites.

Lors des permanences, les usagers peuvent s’adresser à des étudiants en droit privé, accompagnés d’un juriste professionnel. Les étudiants suivent un Master en Contentieux Privés & Modes Alternatifs de Règlement des Différends (MARD) créé par Aurélie Thieriet-Duquesne. Ce modèle pédagogique permet aux étudiants de pratiquer la médiation « pour de vrai » et de partager leur connaissance au profit de la société civile.

La palette de litiges traite tous les conflits de la société civile : conflits de voisinage, entre époux ou entre parents et enfants. Les étudiants peuvent aussi orienter vers d’autres solutions, comme le conciliateur de justice, en fonction de la gravité des conflits. Aurélie Thieriet-Duquesne insiste sur les vertus de la médiation : « C’est une technique de communication pour travailler avant tout sur le lien humain. »

Vers une plus grande participation des citoyens

Dans les villes moyennes et les métropoles, sept Français sur dix se déclarent prêts à donner de leur temps pour améliorer le vivre-ensemble. Ceci rappelle l’importance des médiateurs, souvent bénévoles, qui œuvrent auprès des citoyens pour réparer des injustices et apaiser les tensions.

Il est possible de prendre rendez-vous avec le médiateur de la ville d’Issy-Les-Moulineaux. La Clinique de la médiation propose des consultations gratuites les 28 février et 11 avril prochains.



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