Imported Article – 2026-02-27 06:23:26






Anthropic et l’IA : un ultimatum éthique de la Défense américaine

Le 27 février 2026 à 06h16, Le Figaro, avec l’AFP, rapportait que le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, avait donné un ultimatum à la start-up d’intelligence artificielle Anthropic pour qu’elle lève toutes les restrictions à l’utilisation de son IA par le Pentagone. Dario Amodei, le PDG de l’entreprise, a rétorqué : « Ces menaces ne changent pas notre position ».

Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, et le PDG d'Anthropic Dario Amodei.
Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, et le PDG d’Anthropic Dario Amodei. REUTERS / Kylie Cooper / REUTERS / Bhawika Chhabra

La start-up californienne a opposé une fin de non-recevoir à l’administration Trump, affirmant qu’elle n’accorderait pas à l’armée américaine une utilisation sans restriction de son intelligence artificielle (IA), malgré l’ultimatum formulé par Washington. Dario Amodei a déclaré : « Ces menaces ne changent pas notre position : en toute conscience, nous ne pouvons pas accéder à leur demande ».

Anthropic établit ainsi une limite éthique à l’utilisation de sa technologie, à laquelle l’armée et les services de renseignement américains ont déjà recours pour défendre le pays, dans deux cas précis : la surveillance de masse des citoyens américains et les armes létales entièrement autonomes.

« Utiliser ces systèmes à des fins de surveillance de masse domestique est incompatible avec les valeurs démocratiques », souligne Dario Amodei. Il insiste sur le fait que les systèmes d’IA les plus avancés ne sont pas encore assez fiables pour être confiés au contrôle d’armes létales, et donc pour tuer, sans une supervision humaine en dernière instance. « Nous ne fournirons pas sciemment un produit qui met militaires et civils américains en danger », ajoute-t-il.

Le ministre Hegseth avait convoqué mardi dernier Dario Amodei en raison de son refus de donner un accès complet à son IA, Claude, à l’armée américaine.

Ultimatum et contrainte

Hegseth avait fixé un ultimatum à Anthropic, vendredi à 22h01 GMT, pour lui donner un accès inconditionnel à sa technologie, sous peine de la contraindre à s’exécuter en vertu d’une législation spécifique datant de la Guerre froide.

Le ministère de la Défense a demandé à ses fournisseurs d’IA de lever les restrictions d’utilisation de leurs modèles par défaut, afin d’élargir les cas d’usage possibles tant qu’ils restent légaux. Tous les fournisseurs ont accepté cette directive, à l’exception d’Anthropic dans les deux cas précités.

Pour forcer Anthropic à se plier à ses exigences, Pete Hegseth envisage d’utiliser une loi de 1950 qui permet de contraindre une entreprise privée à produire des biens pour la défense nationale. Il a également suggéré la possibilité de faire inscrire Anthropic sur la liste des entreprises présentant un « risque pour les approvisionnements ».

Les entreprises figurant sur cette liste subissent des restrictions strictes en matière de contrats avec le gouvernement américain, qui cesse pratiquement de les utiliser. Actuellement, seules des entreprises étrangères y figurent, comme le fournisseur chinois Huawei ou le spécialiste russe des logiciels antivirus Kaspersky.

Fondée en 2021 par d’anciens membres d’OpenAI, Anthropic revendique une approche éthique de l’IA. Au début de l’année 2026, la start-up a publié un document désigné comme « constitution », détaillant une série d’instructions données à Claude pour encadrer sa production, visant notamment à « empêcher des actions à la危险ité inappropriée ».



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