Je nai jamais voté à une élection : un jour de vote fictif pour sensibiliser les électeurs en





Aider les personnes en situation de handicap à voter

Aider les personnes en situation de handicap à voter, c’est l’objectif de l’association Unapei 92. À quelques jours des élections municipales, elle a reproduit un bureau de vote dans un centre d’accueil de jour à Neuilly-sur-Seine. Reportage sur cette initiative porteuse de sensibilisation et d’inclusion.

Élections municipales 2026

Dans cette salle de vote d’un jour : une urne, deux grands isoloirs, plusieurs programmes de candidats écrits en « facile à lire et à comprendre » et leurs photos. À la tête de ce bureau de vote éphémère de ce centre d’accueil de jour de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), deux éducateurs spécialisés, tenant le rôle de président du bureau de vote et d’assesseur.

En face, huit adultes en situation de handicap font la file. Ils attendent de glisser le bulletin dans l’urne. Aujourd’hui, le bureau fictif a été adapté pour les troubles du spectre de l’autisme (TSA), du déficit intellectuel (TDI) ou encore les troubles psychiques.

Parmi ces électeurs de ce jeudi 26 février, Theo Saad. Cet habitant de Puteaux a 24 ans et s’apprête à voter bientôt pour les municipales. Président du conseil de vie sociale dans ce centre, il est très enthousiaste à l’idée d’aller voter les 15 et 22 mars prochains. « Je n’ai jamais voté à une élection, et j’attends maintenant qu’il y ait les affiches pour faire mon choix. Je ne suis pas du tout inquiet, vu que j’ai participé plusieurs fois à ces simulations« , affirme-t-il.

Une simulation essentielle selon cet adulte en situation de troubles de la déficience intellectuelle. « Il faut montrer que les personnes en situation de handicap peuvent aussi bien voter que les personnes qui n’ont aucune difficulté de handicap. Il y en a qui ont quelques difficultés à tenir un bout de stylo, qui ont la difficulté de plier leurs feuilles pour choisir la personne. S’il y a beaucoup de difficultés avec la psychomotricité fine, cela peut être compliqué« , justifie ce passionné de citoyenneté.

Théo Saad, en chemise blanche, s'apprête à glisser son bulletin dans l'urne pour ce vote fictif.

Théo Saad, en chemise blanche, s’apprête à glisser son bulletin dans l’urne pour ce vote fictif. • © Toky Nirhy-Lanto / ICI Paris Île-de-France

Le centre d’accueil de jour a organisé plusieurs simulations de vote. Des opérations réalisées dans le cadre des séances de citoyenneté, chaque jeudi après-midi. À la place des candidats, quatre éducateurs spécialisés se confrontent aujourd’hui aux urnes. Parmi eux, Christophe Vauchelle joue le jeu : « Ils sont répartis en deux groupes, en fonction des niveaux de compréhension. Cela leur permet de savoir pour qui ‘je vote’, les droits et les devoirs en tant que citoyen. »

Radja Martres, sa collègue chargée de l’autodétermination et de la citoyenneté, abonde dans son sens. L’éducatrice spécialisée estime que ces simulations sont importantes. « Cela fait deux mois que l’on travaille dessus. Il est important de créer un ancrage, ancrer les informations dans la tête, sachant qu’ils ont des problèmes de mémorisation et de compréhension parfois. L’ancrage passe par le fait de faire, refaire et répéter. L’interactivité les aide beaucoup à intégrer ces informations, et c’est en plus une animation. Cela leur aide à comprendre et à être une force de proposition« , complète cette éducatrice spécialisée à l’Unapei 92.

La pleine citoyenneté des personnes en situation de handicap a été reconnue par la loi Justice de 2019. Il reste pourtant des efforts à faire selon Corinne Le Fur, directrice territoriale de l’Unapei 92 : « Depuis 2019, c’est effectivement un droit. Après, vous dire qu’il est exercé par tous, tout le temps, on ne peut pas le savoir. Toutes les mairies ne mettent pas encore des bulletins de vote en ‘facile à lire et à comprendre’, mais cela va venir. »

Les programmes des candidats d'un jour ont été adaptés et écrits en 'facile à lire et à comprendre', ce qui n'est pas encore le cas de tous les partis politiques et de toutes les mairies en France.

Les programmes des candidats d’un jour ont été adaptés et écrits en ‘facile à lire et à comprendre’, ce qui n’est pas encore le cas de tous les partis politiques et de toutes les mairies en France. • © Toky Nirhy-Lanto / ICI Paris Île-de-France

Elle rappelle que l’association travaille en ce sens avec les municipalités. « Notre rôle n’est pas de leur dire de voter pour telle ou telle liste. C’est de leur permettre d’avoir un choix éclairé et d’avoir des outils à leur disposition. La simulation du vote est un outil, mais c’est à nous d’adapter les listes. On va travailler sur des visuels : pour une liste électorale, on va par exemple chercher toutes les personnes et faire des photos pour aider ces personnes à s’y retrouver dans ces listes« , ajoute cette responsable de l’Unapei 92.

Des adaptations nécessaires, du point de vue de l’association. Aujourd’hui, au moins 300.000 personnes sous tutelle peuvent exercer le droit de vote, selon le ministère de la Santé, de l’Autonomie et des personnes handicapées.



FONTE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *