En déplacement à Marseille pour « l’Olympico » dimanche, l’Olympique lyonnais a remonté la pente à une vitesse éclair au point de nourrir des ambitions sérieuses de qualification en Ligue des champions.
Publié le 01/03/2026 à 06:00
Temps de lecture : 6 min
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Une vraie résurrection. Provisoirement rétrogradé en Ligue 2 en juin dernier à cause d’une dette de 175 millions d’euros creusée sous la gouvernance de John Textor, l’Olympique lyonnais est aujourd’hui troisième de Ligue 1 et en lice pour une qualification pour la prochaine Ligue des champions. Il a l’occasion de faire un pas de plus en ce sens, dimanche 1er mars, en prenant ses distances avec un concurrent direct, l’Olympique de Marseille, qu’il peut reléguer à huit points en cas de victoire.
Alors qu’il aurait pu plonger, le club lyonnais a parfaitement géré une intersaison avec très peu de marge de manœuvre. Obligé de vendre ses meilleurs joueurs pour convaincre la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG) de le maintenir en Ligue 1, dont Rayan Cherki, Georges Mikautadze, Lucas Perri – en plus de perdre Alexandre Lacazette –, en fin de contrat, Lyon a opté pour une toute nouvelle stratégie sur le marché des transferts qui s’est avérée payante. L’OL a dû se creuser les méninges pour recruter malin dans un contexte d’encadrement de sa masse salariale et de ses indemnités de mutation.
« Ce mercato a été compliqué, sans doute l’un des plus difficiles que j’aie connus », avait expliqué début septembre Matthieu Louis-Jean, le directeur technique de l’OL. « C’est l’une des premières fois que je fais un mercato avec le directeur financier assis à côté de moi ! Il a fallu s’adapter. […] Nous avons exploré des marchés mineurs que nous ne suivions pas auparavant, et cela s’est révélé intéressant », avait précisé le dirigeant. Dix joueurs sont arrivés pour un montant total de 36 millions d’euros, d’après le site spécialisé Transfermarkt, contre 106 millions de recettes dans le sens des départs.
La très grande majorité d’entre eux étaient d’illustres inconnus. Pas dans les plans de Liverpool, le milieu Tyler Morton est très rapidement devenu incontournable grâce à son jeu de passes. L’attaquant tchèque Pavel Sulc, arrivé de Plzen, s’est parfaitement adapté au football français. Il est aujourd’hui le meilleur buteur du club avec 14 réalisations toutes compétitions confondues. On peut aussi évoquer l’exemple du jeune ailier portugais Afonso Moreira, qui a profité des blessures de Malick Fofana et d’Ernest Nuamah pour faire son trou au mois de novembre. Toutes les opérations de l’été n’ont pas été une réussite, à l’image de Martin Satriano, prêté six mois plus tard à Getafe, et de Rachid Ghezzal, mais l’OL n’avait pas engagé son avenir sur ces opérations.
Des jeunes du centre de formation ont été dans le même temps intégrés au projet de jeu. C’est le cas de Mathys de Carvalho (20 ans), de Khalis Merah (19 ans) et, récemment, de l’attaquant Rémi Himbert (17 ans), déjà buteur en Coupe d’Europe. L’alchimie a rapidement pris puisque l’OL a gagné sept de ses huit premiers matchs de la saison, malgré la suspension alors toujours active de son coach Paulo Fonseca après une altercation virulente avec un arbitre en mars. Le technicien portugais a fait son retour sur le banc lyonnais le 7 décembre.
Son OL a alors enchaîné une série de 13 victoires du 11 décembre au 15 février, jusqu’à la défaite le week-end dernier contre Strasbourg (1-3). Qualifié directement pour les huitièmes de finale de la Ligue Europa après avoir pris la première place de la phase de ligue, le club rhodanien a également continué sa route en Coupe de France. Il disputera les quarts de finale d’une édition qui ne verra pour une fois pas le PSG s’imposer. Décidé à ne pas se reposer sur ses lauriers, l’OL a profité du mercato hivernal pour se renforcer avec le prêt de la star en devenir Endrick, l’arrivée de l’attaquant expérimenté Roman Yaremchuk et le renfort déjà payant du jeune milieu danois Noah Nartey (20 ans).
66,7 – Pourcentage de victoires pour un coach de Lyon toutes compétitions confondues :
- 🔵 Paulo Fonseca – 66,7% (34/51)
- 🔴 Gérard Houllier – 63,9% (69/108)
- ⚫ Alain Perrin – 63,6% (35/55)
Triomphe. #FCNOL
Le 13 février, avant le match contre Nice, Paulo Fonseca a dévoilé plusieurs leviers qu’il a activés pour pousser son équipe dans la bonne direction : « Avant de commencer la saison, j’ai étudié ce qui se passe dans le football, quelles étaient nos caractéristiques et nos axes d’amélioration. J’ai compris que pour s’améliorer défensivement, il fallait progresser individuellement. On a beaucoup travaillé la ligne défensive et notre pressing. Mais l’explication principale, c’est le caractère de l’équipe et la façon de travailler ensemble défensivement. On a travaillé beaucoup l’aspect individuel, les situations de un contre un et comment défendre dans ces situations. En Angleterre, en Allemagne, dans tous les grands championnats, 90% des buts proviennent de situations individuelles. Je pense que les joueurs ont beaucoup progressé sur cet aspect. »
Sur le plan administratif, le club a reçu une bonne nouvelle le 11 décembre dernier avec la levée de l’encadrement du recrutement. Si la masse salariale reste en revanche sous contrôle de la DNCG, l’avenir du club s’annonce bien plus serein qu’en juin dernier. À 11 journées de la fin de la saison de Ligue 1, l’OL a de bonnes raisons de croire à un podium final, ce qui ne lui est plus arrivé depuis 2019. Une victoire dimanche sur la pelouse du Vélodrome lui permettrait de construire une avance très confortable sur l’OM, actuel quatrième du championnat de France et en pleine crise.