Dissuasion nucléaire française : les militaires de la base aérienne de Saint-Dizier en Haute. El






Discours d’Emmanuel Macron sur la dissuasion nucléaire

Emmanuel Macron s’exprimera ce lundi 2 mars sur la dissuasion nucléaire en France, une stratégie centrée autour de la base aérienne de Saint-Dizier où des militaires s’entraînent quotidiennement au largage des armes nucléaires.

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Un Rafale sur la piste de décollage de la base aérienne 113 de Saint-Dizier en Haute-Marne, février 2023. (SANDRINE ETOA / FRANCEINFO)
Un Rafale sur la piste de décollage de la base aérienne 113 de Saint-Dizier en Haute-Marne, février 2023. (SANDRINE ETOA / FRANCEINFO)

Ce discours très attendu intervient alors qu’une question centrale se pose : la France est-elle prête à protéger le reste de l’Europe avec son parapluie nucléaire, sachant que les États-Unis montrent des réticences croissantes à soutenir leurs alliés face à la menace russe ? Pour s’exprimer, le président a choisi la base militaire de l’île Longue, à Brest (Finistère), où sont stationnés les quatre sous-marins nucléaires français. Toutefois, la dissuasion nucléaire française repose également sur les capacités aériennes, notamment de la base aérienne 113 de Saint-Dizier, en Haute-Marne, où se trouvent les Rafale de la force aérienne stratégique, chargés de larguer la bombe nucléaire si le président en donne l’ordre.

Dans les hangars abritant les Rafale, une odeur de kérosène est omniprésente, encadrée par d’énormes tours radar couleur kaki. Avec sa combinaison de vol, un pilote monte à l’échelle pour prendre place dans le cockpit. « Évidemment, on ne pilote pas un avion qui a une charge nucléaire réelle, donc la réalité ne vient pas nous frapper de plein fouet« , explique-t-il.

« On s’entraîne tous les jours pour délivrer la bombe atomique. »

« Chantal », pilote

Le militaire porte un casque orné d’une tête de loup, avec le prénom « Chantal« . « On a tous des noms de guerre qu’on utilise à la radio« , glisse-t-il sans en révéler davantage sur la raison de ce sobriquet. À 33 ans, il pourrait avoir un jour l’immense responsabilité de lancer le « feu nucléaire« .

« C’est quelque chose de vertigineux, mais pour lequel on se prépare« , indique son chef d’escadron, le lieutenant-colonel Lindsay. « On sait très bien que la mission a une importance vitale pour la France« , ajoute-t-il, précisant qu’annuellement, quatre entraînements sont consacrés à cette tâche. « On a le même état d’esprit que si on réalisait la mission réelle, ce qui nous permet de réfléchir et de nous affranchir d’un quelconque doute qui pourrait survenir plus tard.« 

À Saint-Dizier, aucun pilote n’a jamais effectué de vol avec une vraie bombe atomique pour des raisons de sécurité. Cependant, la base de Haute-Marne abrite un stock de têtes nucléaires, dissimulées derrière de hauts barbelés, marquées « zone de défense hautement sensible« .

Sur le tarmac, le colonel Ponin-B
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