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L’acteur fraîchement césarisé Laurent Lafitte présente son nouveau film sur le plateau du « 13 Heures » ce mercredi 4 mars : « Alter Ego », où il campe deux voisins avec la même apparence, à quelques détails près. Selon lui, cette comédie qui vire au thriller offre une réflexion sur notre époque.
Après avoir remporté le César du Meilleur acteur pour le film La Femme la plus riche du monde, Laurent Lafitte revient au cinéma avec Alter Ego, une comédie hilarante et totalement loufoque où le comédien voit double.
Interview de Laurent Lafitte
Mélanie Taravant : Entre la sortie du film et les César, vous n’avez pas eu le temps de redescendre ?
Laurent Lafitte : Les César, ça passe vite. Ce qui est important, c’est la sortie du film.
Vous avez bien vérifié qu’il y avait bien gravé votre nom avec un « F » et deux « T » ?
Oui, on fait souvent cette erreur.
Plus de 60 films au compteur, une carrière au théâtre à la Comédie-Française. Et pourtant, on vous a vu extrêmement ému en recevant ce César. Finalement, on n’est jamais prêt ?
Non, franchement, je sais que ça fait un peu fausse humilité de dire ‘je ne m’y attendais pas’, mais là, en l’occurrence, vraiment, je ne m’y attendais pas. Les autres fois, j’étais presque plus confiant et je suis resté assis, donc là, j’y suis allé très prudent.
Et vous avez fait comment pour votre discours, du coup ?
Le temps que j’aille sur le plateau, il m’est revenu des bribes d’idées que j’avais eues les années où j’étais resté bredouille.
On vous retrouve à partir d’aujourd’hui dans Alter Ego, comédie thriller, mais il faut rester jusqu’à la fin du film pour savoir que c’est un thriller. C’est jubilatoire, réalisé par le duo Bruno Lavaine et Nicolas Charlet. Vous avez donc joué avec vous-même, c’est facile ça ?
Alors, je n’ai pas joué avec moi-même, heureusement. J’avais un comédien en face de moi et puis les personnages sont tellement différents et on les traitait aussi de manière très séparée. Je jouais Alex le matin, le chauve, et Axel l’après-midi.
Le beau gosse.
Voilà, enfin le beau gosse.
Vous découvrez Alex qui découvre Axel, son nouveau voisin, un bon matin, totalement sidéré, puisqu’il découvre que c’est son sosie, mais en « mieux », et pas qu’à cause des cheveux.
C’est ça, il va se rendre compte aussi qu’il a une bonne situation, il est très à l’aise, il est élégant, sa femme est magnifique. Il va commencer à se comparer à ce qu’il ne faisait pas avant, et c’est là que les ennuis commencent.
C’est un film qui montre ça en fait, à quel point la comparaison peut nous rendre fous ?
Oui, bien sûr. Et c’est vrai qu’en ce moment, on vit une époque où il y a beaucoup cette injonction de se comparer en permanence à ce que font les autres via les réseaux sociaux ou de se mettre en scène, donner envie, presque parfois créer de la jalousie. Cette espèce de compétition pas très saine et pas très épanouissante qui s’installe, et c’est ce que raconte le film. Et quand une comédie a en plus un sens et un message un peu fort, mais un regard sur le monde, c’est encore plus fort.
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