La saison de biathlon, qui touche à sa fin avec les deux dernières courses dimanche, va entrer dans l’histoire pour l’équipe de France. En Coupe du monde ou aux Jeux olympiques, les Bleus ont quasiment tout gagné, ne laissant que des miettes à une concurrence de plus en plus dépassée.
Publié
Temps de lecture : 6 min
/2026/03/21/000-a3yb6p9-69bede1fdcb7f467125035.jpg)
Des Français levant le poing de la victoire sur le podium a été l’image de l’hiver, du nord de l’Europe jusqu’en Allemagne et en Estonie, en passant bien sûr par l’Italie et les Jeux olympiques. Sur 56 courses de Coupe du monde, les Français en ont remporté 16 et au total, ils sont montés 55 fois sur le podium. Résultat : des Bleus au sommet avec Lou Jeanmonnot et Éric Perrot, qui se sont emparés, pour la première fois dans leur carrière, du gros globe de cristal et de la quasi-totalité des petits globes de spécialités. Une domination insolente du biathlon tricolore, sans oublier les 13 médailles des Jeux olympiques.
« Des résultats comme ça s’obtiennent parce qu’il y a un travail qui a été fait sur la durée par l’ensemble des staffs, des athlètes », explique l’ancienne championne Marie-Laure Brunet, consultante biathlon de Franceinfo.
Quel bilan tirer de cette saison exceptionnelle ?
Franceinfo : Quel bilan tirez-vous sur cette saison où les Français n’ont vraiment laissé que des miettes à leurs concurrents ?
Marie-Laure Brunet : C’est une très belle saison pour le biathlon français, aussi bien sur le niveau général de la Coupe du monde qu’au niveau des Jeux olympiques. À tous les étages du biathlon mondial, on voit que la France domine ce sport et c’est vraiment magnifique parce qu’on a eu de très belles performances avec plein d’athlètes différents.
Ces succès à répétition ne viennent pas de nulle part. C’est aussi l’aboutissement d’un chemin qui a été construit déjà depuis plusieurs saisons. Des résultats comme ça s’obtiennent parce qu’il y a un travail qui a été fait sur la durée par l’ensemble des staffs, des athlètes. C’est quelque chose qui prend du temps. Pour qu’un athlète arrive à maturité et soit capable d’aller gagner un classement général de la Coupe du monde comme l’ont fait Lou Jeanmonnot ou Éric Perrot cette année, ça demande du travail à la fois dans les clubs, les comités et toutes les équipes de la fédération. Donc, c’est un long chemin.
Le futur prometteur du biathlon français
Éric Perrot, 24 ans, Lou Jeanmonnot, 27 ans, sont encore de jeunes biathlètes. On a l’impression que le règne français sur le biathlon mondial est parti pour durer au-delà de cette saison. On a les deux autres athlètes, hommes et femmes, qui remportent ce général de la Coupe du monde et en plus des athlètes qui ont su répondre présents en étant favoris aux Jeux olympiques. C’est fort d’arriver sur la même saison à cocher toutes les cases. C’est quand même assez fou. On a souvent vu des athlètes qui arrivaient à faire l’un ou l’autre, mais qui avaient du mal à faire les deux. C’est parti pour durer parce qu’on a ces deux grands athlètes-là, mais on a aussi tous les athlètes à leurs côtés qui font de très belles performances.
« L’avantage, c’est qu’il y a toujours un Français ou une Française qui est capable d’aller chercher un gros résultat chaque week-end. »
Marie-Laure Brunet, ancienne championne de Biathlon
L’IBU Cup : un tremplin pour l’avenir
Un mot aussi sur l’IBU Cup, la deuxième division, l’antichambre de l’élite. Et là aussi, les Français ont tout gagné. La relève est presque assurée déjà pour cette équipe de France. Ce que peuvent voir les spectateurs chaque week-end sur la Coupe du monde, c’est presque encore plus fort sur l’IBU Cup. La relève est bel et bien présente. Déjà ce week-end à Oslo (pour la dernière étape de la Coupe du monde), il y a pas mal de ces athlètes de l’IBU Cup qui ont été intégrés à l’équipe de France pour qu’ils puissent se tester au niveau Coupe du monde. Ça permet de voir qu’assez rapidement, ils peuvent aussi jouer leur carte sur ce circuit mondial. On a cette chance-là en France d’avoir vraiment un gros travail qui est fait à tous les échelons nationaux. Je salue vraiment le travail qui est fait dans les clubs et les comités, parce que c’est de là que sortent les athlètes qu’on retrouve un peu plus tard sur la Coupe du monde.
La nécessité d’une concurrence accrue
Il ne s’agit pas de minorer les performances des Français, mais c’est vrai que si on avait un bémol peut-être à apporter, c’est qu’il n’y a pas eu vraiment de concurrence. Est-ce que les Français ne sont pas trop seuls ? Les Français sont très forts, c’est indéniable. Maintenant, j’aimerais voir un peu plus de concurrence à l’international parce qu’on a toujours été habitués à avoir des nations un peu plus fortes comme l’Allemagne, la Norvège, l’Italie ou des pays qui sont absents du calendrier mondial. Plus il y a de concurrence, plus ça élève le niveau des athlètes aussi.
Les enjeux pour l’avenir du biathlon
Faut-il s’en inquiéter pour l’intérêt aussi du biathlon ? Je dirais que c’est comme dans n’importe quel sport. Quand il y a une suprématie de la part de quelques athlètes, après ça devient presque ennuyeux. Sur le long terme et pour le développement de notre sport, c’est évident qu’on a envie qu’il y ait de la concurrence. La Fédération internationale en biathlon fait aussi un gros travail pour soutenir tous les niveaux, pour faire émerger des athlètes au niveau des petites nations qui n’ont pas toujours les structures dans leur pays. Il faut tout faire pour développer le biathlon.