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Bruno Lafont, ancien PDG du cimentier Lafarge, a été condamné lundi 13 avril à six ans de prison pour financement de terrorisme en Syrie. Sept autres personnes ont également été condamnées à des peines de prison ferme, dont Christian Herrault, numéro 2 de l’entreprise.
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Un ancien patron du CAC 40 condamné à six ans de prison ferme et conduit en détention par la police dès la fin de son procès. Bruno Lafont, ancien PDG du cimentier Lafarge, est reconnu coupable de financement de terrorisme pour des montants jamais atteints selon le tribunal. Son avocate ne s’attendait pas à une incarcération immédiate. « On est toujours autant sous le choc quand on assiste à un jugement de cette violence-là. La violence est à la hauteur de l’absence de justification de la culpabilité. C’est un jugement qui conclut à une culpabilité sans preuves », déplore Me Jacqueline Laffont-Haïk.
Pourtant, le tribunal dénonce un véritable partenariat commercial entre Lafarge et les djihadistes. En 2012, dans un pays en guerre civile, toutes les entreprises françaises quittent la Syrie à l’exception de Lafarge. Son usine flambant neuve vient d’être achetée pour environ 600 millions d’euros. Selon le jugement, le cimentier a accepté de verser plus de 5 millions d’euros au groupe terroriste qui contrôlait les axes routiers pour permettre la circulation de ses employés. Parmi les éléments à charge, un laissez-passer qui comporte le drapeau de Daech.
Sept autres prévenus sont également condamnés à des peines de prison ferme dont l’ancien numéro 2 de l’entreprise, Christian Herrault. Me Solange Doumic, son avocate, dénonce une justice spectacle : « Envoyer en prison quelqu’un qui n’avait aucun intérêt dans l’infraction qui lui est reprochée, qui n’a jamais eu un seul centime de bénéfices personnels, c’est l’incarcérer pour une erreur d’appréciation, pas pour un délit ».
De son côté, l’entreprise Lafarge écope d’une amende de plus d’un million d’euros, un jugement qualifié d’historique par les parties civiles. « C’est un avertissement monumental envers la communauté entière des multinationales qui tirent profit des situations de conflits armés à travers le monde », estime Claire Tixeire, directrice du Centre européen pour les droits constitutionnels et les droits humains (EHCCR). Plusieurs prévenus, dont l’ancien PDG de Lafarge, ont d’ores et déjà annoncé leur intention de faire appel.
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