Chaque année au Mans, dans la Sarthe, une centaine de vieux véhicules s’élancent dans les rues de la ville. Nous sommes loin des 24H du Mans. Ici, le but est de consommer le moins possible et d’apprendre les gestes de l’écoconduite.
Une Compétition Pas Comme les Autres
« Notre idée pour la France, c’est d’organiser un rassemblement de vieilles voitures. Le but ? Consommer le moins possible ». Transformer des gouffres à essence en modèles de sobriété est l’objectif de cette drôle d’épreuve. La règle : une demi-heure de course, même quantité de carburant pour tous : deux litres pour les motos, cinq pour les voitures. Le gagnant est celui qui consomme le moins.
Michel et Sa Vivaquatre
Cette année, Michel veut y croire. Voilà 18 ans qu’il affûte son bolide, une Vivaquatre de 1936 aux couleurs des taxis parisiens de l’époque. Deux tonnes de métal à déplacer, vendue pour 24 litres aux cent. À l’intérieur, ça secoue. Pour calmer l’appétit de la bête, Michel a tout essayé, à commencer par le rodage des soupapes : « J’ai changé le carburateur, j’ai changé l’allumeur. Je vérifie souvent la pression des pneus. Et maintenant, je fais entre 12 et 13 litres », explique Michel Pavé. Va-t-il confirmer cette performance ? Suspense !
Des Passionnés sur la Ligne de Départ
Ce jour-là, au Mans, ils sont 80 sur la ligne de départ. Des passionnés comme Philippe qui reconnaissent chaque modèle à son bruit. « Le bruit, ça fait partie du plaisir ? », lui demande-t-on. « Totalement, non, c’est ce qui fait un peu l’identité de la machine à l’époque. Et là, elle a un bruit assez rogue, assez mécanique, du 4 cylindres donc très agréable », confirme Philippe Constant.
Chasser le Poids Inutile
Côté voiture, on installe des bidons qui vont remplacer le réservoir. Il faut chasser le moindre kilo inutile. « Le poids, voilà l’ennemi. Je me suis mis au régime la semaine dernière, mais ce n’est pas suffisant », confie un participant à la course.
Une Épreuve Historique
En 1930, à l’époque des costumes chics, avec ou sans moteur, cette course est un bond dans l’histoire. « Quatre, trois, deux, un ». C’est parti avec la première épreuve. Les participants embarquent sur une Nimbus de 1939. Il y a les chanceux et ceux qui ont la scoumoune. Pour économiser le carburant, Philippe applique les règles de l’écoconduite : « Ne pas accélérer trop fort, éviter de monter trop dans les tours. Et puis, voilà, adopter des reprises assez souples pour éviter de trop consommer », détaille Philippe, tout en pilotant son véhicule.
Des Techniques de Conduite Économique
C’est au tour des voitures. C’est la 18e participation pour Michel, qui adore les descentes. Seul moment où les deux tonnes de sa Vivaquatre sont un atout. « Mon pied, il est à peine posé sur l’accélérateur, et elle descend toute seule », décrit-il. Au volant de sa torpédо, Monsieur Léon fait ce qu’il peut. « Cela consomme plus qu’une voiture moderne. On a du mal à faire cinq litres, on fait plus facilement du 10 litres », fait-il remarquer. Et le public l’encourage.
Un Héritage d’Économies
C’est la 42e édition de cette course qui s’inspire de l’expérience d’un médecin de la région dans les années 20. « Il voulait trouver la voiture qui était la plus économique pour faire ses visites. Il a acheté un bidon de cinq litres, a pris différents véhicules, et a regardé celui qui allait le plus loin avec ces cinq litres ». À l’arrivée, chaque bidon est pesé. Celui qui gagne est celui qui consomme le moins et fait le plus de tours. Bon résultat pour Philippe, qui réussit à consommer moins. Michel aussi a respecté ses 12 litres. Quel que soit le gagnant, tous comptent bien faire encore mieux l’année prochaine.