Secteur aérien : le gouvernement écarte le risque de pénurie de kérosène en mai et juin,




Crise du carburant aérien : l’inquiétude des compagnies face aux hausses de prix

À quelques semaines de la saison estivale, les compagnies aériennes se préparent à affronter des incertitudes majeures. En effet, elles n’excluent pas des annulations ciblées de vols ni de nouvelles hausses tarifaires pour préserver leurs marges financières, alors que la flambée des prix des carburants, exacerbée par la guerre au Moyen-Orient, les frappe de plein fouet.

Carburant aérien: «On a tout ce qu'il faut pour assurer l'été», affirme le ministre de l'Économie

Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a cherché à tempérer ces craintes en affirmant que les énergéticiens lui avaient assuré qu’il n’y a « aucune crainte » d’une pénurie de kérosène dans le transport aérien pour les mois de mai et juin, et « sans doute peu de risques » pour la suite. Son collègue des Transports, Philippe Tabarot, a également précisé que les cas d’annulation de vols sont actuellement « assez exceptionnels » dans le secteur.

Cependant, plusieurs compagnies ne semblent pas totalement sereines. En effet, près de 20 % du kérosène utilisé dans les aéroports français provient du golfe persique, et son prix a presque doublé depuis février 2023. Cette augmentation met une pression importante sur la trésorerie des transporteurs aériens, qui doivent faire face à des coûts grandissants. « Là où le kérosène représentait environ 25 % du coût d’exploitation, il pèse désormais 45 % des coûts », a déclaré le ministre des Transports.

Message de réassurance

Traditionnellement, les vacances d’été représentent jusqu’à 70 % du chiffre d’affaires des compagnies aériennes. Dans ce contexte, le gouvernement a tenté d’envoyer un « message de réassurance » à cette filière, qui représente près de 100.000 emplois en France. Philippe Tabarot a notamment promis « plus de flexibilité » concernant les règles de créneaux horaires dans les aéroports, ce qui permettrait aux transporteurs d’ajuster leur plan de vol en fonction de la demande, et ainsi de limiter le gaspillage de carburant.

De son côté, le ministre de l’Économie a toutefois écarté toute mesure de plafonnement des prix du kérosène ou de baisse de la fiscalité sur ce carburant. Il a estimé qu’une telle mesure générale « coûterait beaucoup d’argent et serait sans doute peu efficace ». Néanmoins, il a précisé que les compagnies aériennes pourraient bénéficier de décalages de trésorerie, un dispositif leur permettant de reporter certaines sorties financières telles que taxes, redevances, charges sociales ou remboursements d’aides pour alléger immédiatement la pression à court terme.



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